Une photo, quelques mots chez Leiloona
Leiloona nous propose une photo en noir et blanc
sur son blog Bric à Book
Mon Dieu Mon Dieu Mon Dieu
Laissez-la-moi
Mon amoureuse
Dix ans, cinq ans, trois ans...
Laissez-la-moi
rien qu'à moi
Le temps de s'adorer,
De se le dire,
Le temps de se fabriquer
Des souvenirs
Mon Dieu Mon Dieu
Laissez-la-moi
Remplir à nouveau
Ma vie...
Photo Romaric Cazaux
J'ai toujours chanté faux, archi faux. Il y a des années que je n'avais pas mis les pieds dans cette Basilique habitée de touristes. J'aime la photographier à tous moments, j'aime la contempler élancée dans le ciel lyonnais si changeant, j'aime monter à Fourvière par le funiculaire et redescendre à Saint-Jean par le chemin du Rosaire... Mais je ne sais plus prier... Et pourtant, aujourd'hui, j'ai envie de chanter, de prier, de saluer Marie, la Vierge dorée si belle qui veille sur ma ville et la protège. Mon Dieu, Mon Dieu, Mon Dieu, écoutez-moi, exaucez-mon souhait... Laissez-la moi mon amoureuse. "Mon Dieu, Mon Dieu, Mon Dieu, vous m'avez repris déjà mes deux premières épouses adorées -enfin, plutôt tant aimées, je me souviens de l'un de vos dix Commandements : tu adoreras Dieu seul- alors, je vous prie, je vous supplie, Mon Dieu, laissez-moi finir ma vie avec la femme que je viens juste de rencontrer..."
APN en bandoulière, je m'étais assise derrière un pilier au fond de l'église, pour me reposer un peu de ma promenade urbaine dominicale. Quand je monte à Fourvière, je reste toujours un grand moment assise dans un coin pour méditer et j'aime observer les gens qui entrent dans la basilique, pleins de respect et souvent intimidés par ces lieux imposants. J'aime regarder les petites lumières qui scintillent, les cierges qui brûlent, autant de messages et de voeux de ces visiteurs croyants ou non. Ce jour-là, j'avais aperçu un homme assis à l'écart, les mains croisées sur ses genoux serrés, immobile comme une statue, perdu dans ses pensées ou bien concentré dans sa prière... Je ne le saurai jamais...
Alors, sans savoir pourquoi, la chanson de Piaf m'a trotté dans la tête et mes pensées se sont mises à galoper comme les chevaux de Valentyne.
