Demain les chats
Demain les chats de Bernard Werber a été un moment de lecture récréatif dans le monde littéraire parfois indigeste de mes Clubs de lecture !
Offert en décembre par Antiblues -à l'occasion de notre Anniversaire de blog'rencontre- ce roman a été un coup de coeur. J'avais fini de le lire depuis longtemps mais j'ai traîné pour en faire tout un billet !
Ce 26/3, la date est idéale ! Hier, c'était l'Anniversaire des 10 ans du Blog d'Antiblues ! Je lui dédie donc ces quelques lignes !
Illustrations de mon Calendrier perpétuel "365 chats en chromos"
Je vous invite, si vous n'avez pas trop de temps libre pour lire ce billet, à cliquer ICI sur le billet du Blog Bibliothèque de Northanger, suivi par Sharon -une source sûre- qui a publié un billet primé "Blog à la Une" par CB le 9 mars dernier.
Je n'avais encore jamais lu cet Auteur toulousain qu'il est superflu de présenter ici.
Entre dialogues félins et réflexions philosophiques d'humain, Bernard Werber fait passer ses idées, mine de rien.
Ce roman est d'abord un conte, farfelu, invraissemblable. C'est aussi un roman d'amour et d'aventure.
A la première personne, Bastet, une adorable minette parisienne, âgée de 3 ans, "blanche avec plusieurs très jolies taches noires dispersées un peu partout sur mon corps", narre sa vie. La belle ingénue est persuadée que :
"tout ce qui vit possède un esprit,
tout ce qui possède un esprit communique,
tout ce qui communique peut dialoguer directement avec moi".
Alors, de toutes ses forces, elle va s'efforcer d'entrer en contact pour communiquer, avec sa "servante" Nathalie, ingénieur Ponts et Chaussées (c'est important pour la suite) et d'autres congénères, une araignée, un poisson rouge, un moineau, un corbeau, des chiens, des rats, un lion, et même Patricia, devenue sourde et muette, donc chamane !
Drôle, elle s'étonne et s'émerveille de tout et ses descriptions en périphrases d'objets familiers qu'elle ne sait pas nommer -des mots nouveaux qu'elle apprend des miaulements de l'érudit Pythagore- sont à mourir de rire :
la télé : "grosse plaque noire aux bords anguleux... c'est un monolithe triste et froid qui n'émet aucune onde... lorsqu'elle l'allume, des taches de couleurs apparaissent et des sons étranges résonnent"
film : histoire qui apparaît à la télé mais qui n'est pas réelle. Elle est issue de l'imagination d'un scénariste"
rire : "clappements que font les humains avec leur bouche"
pleurer : "couler de l'eau des yeux"
travailler : "c'est l'activité à laquelle s'adonne ta servane quand elle quitte la maison le matin. Elle doit directement ou indirectement, par son travail personnel, contribuer à la production, à la création ou à l'entretien de quelque chose"
fusil : "bâton noir qui fait du bruit"
Très vite, sa vie va être bouleversée avec la rencontre de son voisin, chat de laboratoire "CC683" (chat cobaye n° 683), un siamois doté d'un 3e OEIL (ouverture électronique par interface légère) : "prise USB qui me permet de me connecter aux ordinateurs pour communiquer avec les humains".
Le délire de l'auteur peut commencer ! Et on tombe de cha(t)rybe en scylla !
Un jour, sa servante ramène un angora blanc à poils longs et aux yeux jaunes, Félix, vigoureux mais sans ambition, et pire encore, un "mâle" pe&nommé Thomas, bipède, "poils blonds, yeux verts, odeur de sueur musquée" flanqué d'un bouquet de fleurs ! D'emblée, ils ne lui plaisent pas du tout, du tout !
Nathalie a pour voisine Sophie, scientifique -vous le savez déjà !- elle-même la servante du siamois intello, Pythagore, -of course !- dont la "connexcion à Internet est pour lui comme l'herbe à chat pour Félix : une drogue addictive" !
D'emblée encore, elle tombe raide dingue amoureuse de ce matou savant, un peu macho aussi. Sauf que lui, ne veut pas se lier pour ne pas souffrir. Alors, en attendant de séduire le chat de sciences, par dépit, et parce qu'elle en a très envie, elle se laisse faire des bébés par Félix, juste avant qu'il en soit réduit à observer ses testicules flottant dans un bocal. Bien sûr, il ne lui restera qu'un fils, Angelo, sur la portée à cause d'un assassin...
Jusque là, rien d'anormal. La vie ordinaire de chats ! Les humains travaillent, les chats rêves et farnientent.
Mais d'aventure en aventure, d'arbre en arbre, de toit en toit...
Les attaques se succèdent, contre certains humains -mais pas tous-, contre les chats -mais pas tous-, chauve-souris, chiens, et surtout les rats. Des marches interminables, des idées de génie pour survivre, et même que la peste se propage dans Paris. Chaos total, débandade organisée.
Grâce à Hannibal le lion, Esméralda la chatte chanteuse, Wolfgang le chat présidentiel, Nabuchodonosor le chat leader persan à poils très longs, l'ennemi Cambyse et son armée de rats sont vaincus dans un premier temps.
En résumé, tout finira bien. Bastet & Pythagore s'aimeront. Bastet, la minette devenue philosophe, songera même à écrire un livre, "objet de mémoire par excellence" -qu'elle dictera à Patricia par esprits interposés, bien sûr- "la seule solution pour résister au passage du temps".
Enfin, voici quelques citations pleines de bon sens et qui collent à l'actualité !
"L'ignorance est insupportable... Etre instruite me semble le plus grand des privilèges et je plains ceux qui vivent dans l'ignorance."
"Quand on s'est habitué aux mensonges, la vérité a l'air suspecte."
"Nous sommes tous des véhicules qui aidons la vie à circuler à travers nous pour se répandre."
"Etre heureux, c'est apprécier ce que l'on a. Etre malheureux, c'est vouloir ce que l'on n'a pas. Moi j'ai tout ce que je veux."
"Accepte ce monde tel qu'il est sans en avoir peur et sans le juger."
"Quoi qu'il arrive, c'est pour ton bien. Il suffit de l'adapter aux circonstances au fur et à mesure qu'elles se présentent."
"Tes ennemis et les obstacles qui se dressent face à toi te permettent de connaître ta résistance. Tous les problèmes qui te semblent graves ne sont là que pour te permettre de mieux te connaître."
"On veut toujours être différent de ce que l'on est."
"On s'habitue à tout... C'est au début que c'est le plus dur, on râle, on souffre, puis passé un certain cap on s'habitue, cela fait partie d'une nouvelle manière de vivre."
"La douleur naît du sentiment qu'on peut avoir une meilleure vie et qu'un obstacle injuste nous en prive. Sinon, on peut vraiment s'habituer à tout, même au pire."
"Ma vie n'a pas besoin d'être facile ni parfaite pour être merveilleuse. C'est juste ma manière de la percevoir qui lui donne du sens."
et ça c'est-y pas mignon ? L'amour selon Pythagore, "c'est quand je suis aussi bien avec l'autre que lorsque je suis tout seul." L'amour selon Bastet, "c'est quand je suis mieux avec l'autre que quand je suis toute seule."
vrai Minet en liberté, rencontré dimanche dernier lors d'une balade à O.




