Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Soène aux mots passant
Publicité
Soène aux mots passant
Publicité
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 196 459
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité
16 mars 2017

Jeudi en liberté

Il n'y a pas que Natty, les chats et les roses dans ma vie

il y a aussi les livres !

lire-bulle

Voici un texte de André Maurois -Courrier de l'UNESCO- (objet d'un sujet "libre" de BTS, en 1984). Curieusement, j'ai toujours conservé mon livre "Français BTS" des Editions Nathan 1986. 

 

 

"Notre civilisation est une somme de connaissances et de souvenirs accumulés par les générations qui nous ont précédés. Nous ne pouvons y participer qu'en prenant contact avec la pensée de ces générations. Le seul moyen de le faire -et de devenir ainsi un homme cultivé- est la lecture.

Rien ne peut la remplacer. Ni le cours parlé, ni l'image projetée n'ont le même pouvoir éducatif. L'image est précieuse pour illustrer un texte écrit : elle ne permet guère la formation des idées générales. Le film, comme le discours, s'écoule et disparaît ; il est difficile, voire impossible, d'y revenir pour le consulter. Le livre demeure, compagnon de toute notre vie. Montaigne disait que trois commerces lui étaient nécessaires : l'amour, l'amitié, la lecture. Ils sont presque de même nature.

On peut aimer les livres : ils sont toujours des amis fidèles. Je dirai même que je les ai souvent trouvés plus brillants et plus sages que leurs auteurs. Un écrivain met dans ses ouvrages le meilleur de lui-même. Sa conversation, si même elle étincelle, s'enfuit. On peut interroger sans fin les mystères du livre. En outre, cette amitié sera partagée, sans jalousie, par des millions d'êtres, en tous pays. Balzac, Dickens, Tolstoï, Cervantes, Goethe, Dante, Melville nouent des liens merveilleux entre des hommes que tout semble séparer. Avec un Japonais, avec un Russe, avec un Américain, de moi inconnus, j'ai des amis communs qui sont la Natacha de Guerre et Paix, le Fabrice de La Chartreuse de Parme, le Mickawber de David Copperfield. Le livre est un moyen de dépaysement. Aucun homme n'a assez d'expériences personnelles pour bien comprendre les autres, ni pour bien se comprendre lui-même. Nous nous sentons tous solidaires dans ce monde immense et fermé. Nous en souffrons ; nous sommes choqués par l'injustice des choses et les difficultés de la vie. Les livres nous apprennent que d'autres, plus grands que nous, ont souffert et cherché comme nous. Ils sont des portes ouvertes sur d'autres âmes et d'autres peuples.

Grâce à eux, nous pouvons nous évader de notre petit univers personnel, si étroit : grâce à eux, nous échappons à la méditation stérile sur nous-mêmes. Un soir consacré à la lecture des grands livres est pour l'esprit ce qu'un séjour à la montagne est pour le corps. L'homme redescend de ces hautes cimes, plus fort, les poumons et le cerveau lavés de toutes souillures, mieux préparé à affronter avec courage les luttes qu'ils retrouvera dans les plaines de la vie quotidienne. Les livres sont nos seuls moyens de connaître d'autres époques et nos meilleurs moyens pour comprendre des groupes sociaux où nous ne pénétrerons pas(...)

Le lecteur d'un grand roman, d'une grande biographie, vit une grande aventure sans que sa sérénité en soit troublée. Comme l'a dit Santayana, l'art offre à la contemplation ce que l'homme ne trouve guère dans l'action : l'union de la vie et de la paix.

La lecture d'un livre d'histoire est très saine pour l'esprit ; elle enseigne au lecteur la modération et la tolérance : elle lui montre que de terribles querelles qui causèrent des guerres civiles ou mondiales ne sont plus aujourd'hui que des controverses défuntes. Leçons de sagesse et de relativisme. Les beaux livres ne laissent jamais le lecteur tel qu'il était avant de les connaître ; ils le rendent meilleur. Rien n'est donc plus important pour l'humanité que de mettre à la disposition de tous ces instruments de dépassement, d'évasion et de découverte qui transforment, à la lettre, la vie et accroissent la valeur sociale de l'individu. Le seul moyen de le faire est de développer la bibliothèque publique."

livres-boîtes

Publicité
Commentaires
C
un très beau plaidoyer pour la lecture, très beau texte<br /> <br /> j'adore les livres, j'aime ma bibliothèque bien garnie chez moi ....j'aime aller dans une librairie, l'odeur des livres neufs...je suis pas par contre aussi bien dans des bibliothèques aux livres très anciens sentant le vieux...LOLLLLLLLLL<br /> <br /> même si comme tu sais je n'ai plus de mémoire donc n'ai pas de souvenirs sur certains bouquins présents dans ma bibliothèque qui en ont pourtant et ça ça me désole tant ...<br /> <br /> j'adore lire et là quand la dépression m'est tombée dessus le premier symptôme à été de ne plus arriver à lire....et là quand je ne lis pas, même si j'ai l'impression d'aller bien, je sais qu'en fait ça ne va pas car justement je ne lis pas...c'est drôle ça ???,!!!...<br /> <br /> gros bisous<br /> <br /> patricia
L
Quel magnifique texte ! Les livres sont mon havre de paix.
M
Il y a beaucoup de vrai dans ce que dit l'auteur, le livre est précieux et multicarte. Mais je trouve le discours un peu prétentieux quand même.
C
Magnifique plaidoyer pour la lecture, la littérature qui rend les gens meilleurs, plus ouverts et moins bêtes.<br /> <br /> ¸¸.•*¨*• ☆
J
Comme tu as raison Nicole, le livre est celui qui nous a vu naître, puis nous a instruit, nous a fait rire ou pleurer. Celui auquel on tient, avec sa couverture déchirée mais qu'importe c'est le notre, celui qui a été, celui qui continue à être notre bijoux.<br /> <br /> Le livre est le moyen d'expression, philosophique, politique, religieux. Mais ce beau livre qui sent bon le papier un peu jauni, qui nous caresse les mains, que c'est bon de le tenir. Des sauvages ont brûlé des livres pour anéantir notre savoir. Mais il restera toujours le témoin de nos actes.<br /> <br /> Gros bisous j'ai adoré ce billet Merci Nicole
Publicité