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Soène aux mots passant
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21 janvier 2016

La poésie du jeudi avec Asphodèle

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

son carnet 2016 est ICI

(429 mots !)

 

"Nous ne savons plus la patience des saisons qui offre à notre attente le fruit lentement maturé.

Nous ne savons plus la saveur de la rareté, la jubilation et la satisfaction.

En nous, tous nos désirs se confondent et un tambour mystérieux cadence nos jours avec une célérité ivre.

Nous ne savons plus le repos, nous ne savons plus rien des rythmes du ciel et de ces grands balancements dont nos poitrines seules gardent le souvenir et le regret."

Pierre Rabhi
"La puissance de la modération"
Hozhoni Editions

 

Si vous avez le temps, voici la suite du chapitre "Cadence/Rythmes" (pages 72 à 75) (les phrases en gras sont en gras dans le livre)

"L'accélération et l'efficacité sans limite sont incompatibles avec la réalité vivante cadencée par des cybles biologiques et cosmiques.

Ce système nous coupe de l'essentiel : l'intériorité qui nous aide à la fécondité de la lenteur, du vide, du calme.

Nous voici pris en otages par le dieu Chronos devenu fou, hystérique ou épileptique, avec l'impression d'une vie éphémère et une histoire qui ne sait où elle va tout en y allant résolument.

La vie des hommes devient la proie des mesures, les fléaux des balances anéantissent le rêve.

Les horloges suractivées font des humains des danseurs toujours en transe, pour que le crescendo dont ont besoin le PIB et le PNB ne souffre d'aucun ralentissement, pour que des désirs toujours inassouvis puissent entretenir une prospérité sans joie?

Tandis que nous nous battons avec le temps qui passe, celui qu'il faut gagner, nos véhicules, nos avions, nos ordinateurs nous font oublier que ce n'est pas le temps qui passe mais nous qui passons.

C'est peut-être entre la trop grande lenteur du Sud, désespérantes, il est vrai, face aux urgences qui s'imposent au devenir des peuples pauvres, et la trop grande rapidité du Nord, transformée en activisme incontrôlable, que se situe la cadence idéale. Car il faudra bien trouver le pas pour enfin cheminer ensemble.

Un ordre universel donne la cadence immuable, nous rappelant à chaque instant que nous sommes nous-mêmes cadence, comme en témoignent les pulsations de nos coeurs, la respiration qui anime nos poumons, las menstrues féminines et bien d'autres rythmes et biorythmes dont nous n'avons pas conscience. Ainsi le réel est-il merveilleusement beau de ses évidences et tout aussi beau de ses mystères.

J'ai peu à peu pris conscience que mon jardin est le microcosme où les cadences de la vie demeurent intactes ; le cultiver est le moyen le plus direct de me connecter à mes propres cadences.

L'aliénation c'est d'abord cela : ne plus avoir le temps de jouir de la beauté."

 

MERCI, Célestine, de m'avoir offert ce livre dont tu parlais déjà dans ton blog ICI

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Commentaires
V
Déjà noté chez Célestine ce Monsieur ....mais je renote ;-)<br /> <br /> Bisessss Soène <br /> <br /> Le temps file trop vite .... ? "ce n'est pas le temps qui passe mais nous qui passons" ... Je m'édite ;-)
S
D'ormesson est un Grand Sage, Antiblues, tellement touchant. Et le jour où il s'en ira, il aura dit beaucoup de choses :wink:<br /> <br /> Merci de le citer. Je n'ai pas pris le temps de lire ce livre mais je le ferai !<br /> <br /> <br /> <br /> Je suis vraiment vaincue par le temps, en ce moment...<br /> <br /> Je suis prisonnière du présent et voudrais déjà être en avril...<br /> <br /> <br /> <br /> Gros bisous pour ton dimanche
A
Punaise, il est un peu court ton comm', Antiblues !! :mrgreen:<br /> <br /> J'y ajoute donc quelques considérations sur le temps (chronologique) relevées dans le livre de d'Ormesson " Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit" et qui peuvent faire écho à Rhabi:<br /> <br /> "Nous sommes vainqueurs de l'espace qui est la forme de notre puissance. Nous sommes vaincus par le temps qui est la forme de notre impuissance. Nous ne pouvons agir sur l'avenir qu'à partir du présent. Nous ne pouvons nous souvenir du passé qu'à partir du présent. Nous sommes prisonniers d'un présent qui n'existe pas."<br /> <br /> "Le présent est coincé entre le passé et l'avenir. L'avenir n'est rien d'autre qu'un passé en sursis".<br /> <br /> Il faut donc prendre la pleine conscience du présent (frontière impalpable entre passé et avenir) pour gérer notre temps imparti et jouir de la beauté ...
A
Putain, y'a pas à dire, c'était mieux avant !!! ;)
F
on ne prend plus de tps pour certaines bonnes choses de la vie c'est bien dommage
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