Une photo, quelques mots avec Leiloona
Cette semaine, je n'ai pas raté le coche et la photo me parle !
Leiloona nous invite à écrire quelques mots sur cette photo de Kot
"Le temps de lire est toujours du temps volé. C'est sans doute la raison pour laquelle le métro se trouve être la plus grande bibliothèque du monde". Françoise Sagan
Page 413, elle attaque le chapitre 34 de La fille de papier de Guillaume Musso... Bien sûr, elle sait que cet auteur est décrié par les vraies lectrices, celles qui aiment lire à la folie, ses nouvelles Amies de la Bloguo qui lui ont donné, ou plus exactement redonné, le goût de lire. Mais ce n'est pas facile d'assimiler un livre un peu hard durant les trajets de bus ou de métro, à cause du peu de temps de trajet, du monde, de l'inconfort, et surtout à cause du bruit. Elle a besoin d'un silence religieux pour se livrer tout entière à l'auteur et à son texte.
"Le lecteur peut être considéré comme le personnage principal du roman, à égalité avec l'auteur ; sans lui, rien ne se fait". Elsa Triolet (chapitre 28, page 305)
Elle, qui depuis l'adolescence note des citations, en découvre des nouvelles au début de chaque chapitre de ce livre, et les note soigneusement dans son cahier et sur sa clé USB qui ne la quitte jamais.
Aujourd'hui, le printemps semble vouloir montrer son nez, l'air est doux dans ce jour qui grandit, et son ami est encore en retard. Mais elle ne s'impatiente plus, elle en profite pour lire quelques pages de plus. Elle s'est prise d'affection pour Billie, la fille de papier, tombée de la page 266 du livre mal imprimé... La rambarde de la station de métro n'est pas l'endroit idéal pour se poser, mais elle a fait le voyage de retour, debout, serrée comme dans un bocal d'anchois avec les étudiants qui rentrent de la fac et les gens qui ont fini leur journée de boulot, et cet endroit lui offre les derniers rayons du soleil.
Miss Aspho, un jour, lui avait conseillé de ne pas citer Musso, mais c'était avant ! et depuis le billet de Mind The Gap sur la culture, elle se sent moins coupable de ses lectures faciles qui la détendent. Elle aura le temps, plus tard, pendant les vacances par exemple, de lire d'autres auteurs tels que Foenkinos, Begbeder ou Fitzgerald. Elle n'a que l'embarras du choix, il suffira qu'elle aille sur certains blogs qui donnent des avis éclairés sur un nombre impressionnant de livres. Ainsi, elle aura le sentiment d'avoir rattrapé un peu le temps perdu... Depuis quelques temps d'ailleurs, elle n'a plus besoin de "masquer ses défaillances de lecture et ses lacunes en matière culturelle" (La Reine des lectrices), les Potinettes l'acceptent telle qu'elle est !
"Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer tes faiblesses sans que l'autre s'en serve pour augmenter sa force". Cesare Pavese (chapitre 31, page 357)
Perdue dans ses pensées, elle ne s'est pas aperçue qu'il est juste derrière elle. Quelques marches à franchir et il se moquera de la voir plongée dans son livre.
Il lui tend un petit paquet dans une pochette de chez Virgin. C'est (au hasard !) Le Roman français de Frédéric Begbeder ! Avec une dédicace, sur la couverture intérieure : "Aimer quelqu'un, c'est aussi aimer le bonheur de quelqu'un". Françoise Sagan (chapitre 27, page 301). Hé, lui aussi, avait lu le roman de Musso ! Dans un grand éclat de rire, elle quitte son perchoir pour sauter dans ses bras. Tom s'occupe à nouveau de Billie...