Une recette, ça change un peu

Que je vous rassure, ici, rien de sérieux !

Ratatouille

C'est une participante à l'Atelier d'écriture qui nous a passé ce texte. Après Renaud, un petit clin d'oeil hommage à ce Jean-Pierre célèbre

 Antiblues, si mes souvenirs sont exacts, je crois que ta photo est mieux réussie...

Sanary-légumes
sur le marché de Sanary

 

La rata de Jean Pierre Coffe en se jouant de la langue française !

«Prenez quelques belles aubergines, brillantes, bien en chair, 
la peau 
tendue, couchées dans le lit d'une  cocotte (en fonte).
Dès qu’une douce chaleur les envahit, elles s’alanguissent, s’offrent.
Le poivron, aux aguets, approche, constate leur disponibilité, 
et sans 
même demander leur  approbation, se glisse sur elles.
L’aubergine n’est pas raciste, rouges, verts ou jaunes, elle les accepte
tous, dès l’instant où ils sont déshabillés, épépinés.
Séduit, le poivron fond.
La courgette, pudique mais excitée, se tripote le pédoncule depuis un
moment, attend les premiers signes de fatigue pour s’introduire auprès d’eux et ranimer les ardeurs.
Impatiente, elle n’a pas l’air comme ça la courgette, elle enjambe la cocotte
et très vite se mélange, une main sur l’aubergine, la bouche sur le poivron.
Elle est disponible, elle en veut, elle en a partout et sauvagement.
La tomate, grande prêtresse des mélanges, attend le moment propice.
Les soupirs de l’aubergine, les gémissements de la courgette, la fougue du
poivron la mettent au comble de l’excitation.
Elle veut du plaisir.
Sans tarder, elle pénètre dans la débauche des parfums déjà mêlés, embrasse, étreint, ranime et se laisse enfin prendre par toutes les turgescences.
Les odeurs s’unissent, les jus se mélangent.
L’orgie est à son comble.
L’ail a peur de ne pas en être, il se déshabille rapidement enlève sa pelure
et la gousse gonflée se précipite dans la bacchanale et apporte sa note d’originalité.
Le laurier qui aime tout le monde et que tout le monde aime, sait se montrer indispensable, posant sa feuille de l’un à l'autre.
Il se fait léger, superficiel, volatile, attentif à ne pas gâcher, par son
amertume, la suavité de ces ébats incestueux.
Le thym, fébrile, ne veut pas être en reste, il se précipite, impatient de se
répandre au milieu de toutes ces fragrances.
Quand tous les participants commencent à se fatiguer, certains même à s’effondrer, le piment fait son apparition, triomphant, volant comme un oiseau au secours des défaillances des uns et des autre exaltant par son énergie les plus indolents.

En langage légume, cela s’appelle faire une RATATOUILLE !»

Jean Pierre Coffe