cahier-de-poésie-du-jeudi

ICI
Martine a pris le relais
en l'absence momentanée de Miss Aspho

 

 et c'est LA

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qu'il faut aller lire les poésies du 7 juillet

 

Vacances ! Pour moi, ce mot n'a plus grande importance... Après 45 ans au rythme des "congés payés", je vis désormais en grandes vacances toute l'année !

 

20-05-09-Parc-femme couchée (1)

Désormais "j'aime m'écouter vivre", profiter de ma ville qui se vide en été (de moins en moins longtemps et de plus en plus tard), y flâner au milieu des touristes agités.

 

Far-niente
Théophile Gautier

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pende au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

 

pigeon-bronzage