Jeu-Atelier les Plumes d'Asphodèle

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Jeudi dernier, j'ai regardé la cérémonie des funérailles de Tignous diffusée en direct à la télé. Le lendemain, j'ai suivi celle orchestrée pour Charb et écouté les discours, sans lever le poingt. Impossible de tourner la page de ces assassinats. Que d'émotions.

Une Ministre, qui a cité Paul Eluard, jeudi, m'a donné l'idée -l'envie- de choisir ce poème.

 

Dit de la force de l'amour
13 avril 1947


Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l'injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d'Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l'espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal


La lumière toujours est tout près de s'éteindre*
La vie toujours s'apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n'en a pas fini*
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s'installe


Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n'y résisteront pas
J'entends le feu parler en riant de tiédeur
J'entends un homme dire qu'il n'a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j'aime à jamais toi qui m'as inventé
Tu ne supportais pas l'oppression ni l'injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d'être libre et je te continue.


* mots repris par Madame la Ministre de la Justice qui s'adressait à l'épouse de Tignous

 

Elle-colombe-Charlie

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