Les roses et moi, c'est une vraie histoire d'amour. Depuis presque toujours. Et de plus en plus !

J'aurai l'occasion d'en parler souvent, dans un avenir proche (si Dieu me prête vie ! Inch Allah). Mais là n'est pas le sujet. Encore un mini-mystère soénien, que dis-je une grande aventure soénienne !

Pas de poésie cette semaine, mais un court extrait d'un livre, -Miss Aspho ne me tiendra pas rigueur de détourner un chouya sa règle- ! Parce que cet extrait évoque la campagne, les rosiéristes, ces "cultivateurs", ces "planteurs" de roses.

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

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"Mémoires de la rose" de Consuelo Carrillo (de Saint-Exupéry) est un des livres que je lis et relis. Peut-être pour tenter de percer le mystère de cet Antoine et de son Petit Prince.

Est-il nécessaire de repréciser que c'est Consuelo, son épouse, qui lui a inspiré la Rose dans le roman du  Petit Prince ?

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Un passage du chapitre intitulé "l'amie des roses" (page 207):

... Nous allons pendre la crémaillère à La Feuilleraie (grande maison de campagne louée par St-Ex pour sa Consuelo). Il -Tonio comme elle appelait son mari- vint. Mais personne ne sut que ce monsieur était mon mari...

Au cours de la fête, on lui raconta une jolie histoire qui m'était arrivée. C'est l'histoire de la cueillette des roses sur le chemin de Paris à La Feuilleraie. - Madame Gomez (Consuelo) passe sur cette route tous les soirs après son travail, lui dit un convive. Elle a forcément fait la connaissance des cultivateurs de roses. Un soir de gelée, Madame Gomez a vu que ses amis les cultivateurs pleuraient, tout en émoi. Car la gelée était en train de tuer les roses. La même nuit, elle se fit apporter des dizaines de grands draps de lin brodés de couronnes. On dit que ces draps lui venaient de l'héritage de son mari qui est noble, un comte je crois, en tout cas qui descend d'une grande famille. Vous imaginez, des draps blancs sur la terre. En pleine nuit, elle a ranimé l'espoir des planteurs de roses. Ils se sont remis au travail. Elle-même s'y est jointe et, avec eux, elle a bâti une immense tente blanche comme de la neige, pour sauver les roses. Le lendemain, nous sommes tous allés aider. Chacun, monsieur, apportait un morceau de toile d'emballage, des papiers de journaux, et c'était une vraie foire sous les "tentes". On marchait à quatre pattes, on allumait de petits feux, et, monsieur, c'était un vrai miracle, la récolte des roses fut sauvée. Il faut dire que le ciel les a aidés. Le froid s'est calmé et les roses ont pu survivre. Bien entendu ces draps sont devenus des loques, mais l'amour des cultivateurs de roses pour Madame de la Feuilleraie, je veux dire Madame Gomez, ça, croyez-moi, monsieur, c'est bien plus beau encore que mille draps, même brodés de couronnes. Ils sont venus plusieurs jours à la Feuilleraie pour lui donner un coup de main au verger, au potager. Ils taillaient des joncs. Vous comprenez, monsieur, les bras qui ne sont pas payés, les bras de l'amitié, de l'amour pour la terre, ça, c'est bien plus précieux que le reste. Et tout a fleuri à La Feuilleraie. Si ça vous intéresse, je vous donne les chiffres exacts... "Elle aime les roses, madame Gomez, elle aime les sauver, elle est une rose elle-même."