JEU-Mardi sur son 31-Sophie

page 31 chez Sophie

 

«Le cerveau gouverne, pas le cœur. On ne le contredit pas.
Pourquoi étais-je si sévère avec moi ?
Pour me protéger, répond la raison.
S’empêcher de vivre, est-ce une façon intelligente de se protéger ?
Quel autre moyen ?
Prendre connaissance de la lettre ne me mènerait à rien, mais il me serait difficile de résister pour la seconde fois.»

La mélancolie du dimanche-Ch

  

Je n’aime pas trop chroniquer des livres qui l’ont déjà été, de façon magistrale, par d’autres blogueurs-amis beaucoup plus alertes que moi dans cet exercice difficile.

Pourtant, j’ai envie de dire deux ou trois mots sur le roman de Christine Orban «La mélancolie du dimanche» que Mind m’a conseillé.

Je ne me suis jamais ennuyée en lisant ces 185 pages. L’histoire est toute simple et pourtant Christine Orban nous tient en haleine jusqu’au dernier chapitre.

Personne ne dira le contraire -ceux qui disent que non mentent-, le dimanche, souvent, on s’ennuie. Et plus on vieillit, plus on abhorre ce jour de la semaine où la vie prend l’allure d’un train de sénateur, long et fatigant comme une nuit sans sommeil, et vide de tout.

Le dimanche, on traîne en pyjama, on ne fait rien ou bien on fait des rangements. Et tout peut basculer. Tout au long de cette aventure, je me suis retrouvée…

«La solitude est inhérente à ma nature. Le chagrin est une glu qui éloigne des autres et rend la beauté invisible. Il renvoie à des traumatismes trop anciens pour le chasser d’une promenade. S’il suffisait de s’expatrier pour changer, la vie serait simple.» (page 35)

C’est ce qui est arrivé à Indiana, mariée, une fille et une grand-mère. A cause d’une lettre tombée d’un chapeau ! Une lettre de Jules, son ex, qu’elle n’avait pas lue dix ans auparavant et qu’elle avait perdue.

Plus on avance dans la lecture, plus on se pose des questions et plus on cherche la/les raisons qui ont fait que cette lettre est restée dans l’enveloppe.

«On peut s’épuiser par la pensée. Je ne sais pas contrôler ce voyage. Je peux contrôler mes actes, pas mon esprit. Mes pensées sont curieuses et intrépides.» (page 24)

Indiana se repasse le film de ces années passées… regrettées malgré sa vie douillette qu’elle a choisie, entourée d’un mari idéal et d’une adorable petite fille.

Le cheminement des ses pensées la ramène toujours à Grannie, sa chère grand-mère qui ne se prive jamais d’une occasion de la conseiller et de porter un œil critique sur sa vie, ses relations. D’ailleurs, c’est de sa faute si cette fameuse lettre n’avait pas été ouverte.

«Mieux vaut le doute à la sinistre réalité, à des mots hypocrites ou mauvais qui resteront pour toujours gravés dans ta mémoire. Le doute, c’est la fenêtre ouverte, le possible.» Comme un chant de sirène, Grannie avait le don de l’endormir, de lui faire faire ce qu’elle ne voulait pas, de lui faire entendre «sa» raison. Indiana se laissait mener par le bout du nez. Et c’est Jules qui en a supporté les conséquences.

Mais s’il avait su dire les mots au lieu de les écrire, tout aurait été tellement différent… Des choses bonnes à dire ou des choses bonnes à lire ? Là est la question.

La lettre nargue Indiana. Ayant enfin compris qu’elle doit changer de style de conseils, Indiana confie sa découverte à Capucine, sa meilleure amie, «sa sœur choisie» (page 125). Elle a bien fait. Désormais le passé ne débordera plus sur le présent.

 Mais «se débarrasse-t-on jamais des histoires inachevées ?»

 ce livre peut voyager

Quelques mots sur l'Auteur : http://www.evene.fr/celebre/biographie/christine-orban-11115.php