Une fois n'est pas coutume. Ce samedi 24 août 2013 vaut bien deux billets !

chez Asphodèle
j'ai joué à ses Plumes à thème 13

Jeu-plumes à thème d'Asphodèle

les mots : espérer - flotter - cap - perdition - sillage - bouteille - iceberg - vent - déambuler - bateau - continent - flots - amiral - génétique -sentiment - débarquer - faille + 3 choisis par notre coach : myrte - malhabile - muraille

 

Délire, que dis-je, dérive de l’imaginaire… Visions inédites, emportement vers des paysages oniriques inexplorés à cause d’une overdose de cette liqueur corse chère à Syl, du nom de myrte ? Que non (je ne bois plus que des fontaines de Rosé), je flotte simplement dans un excès d’euphorie plumesque.

Le bateau ivre débarque soudain dans ma mémoire. Je suis en perdition, selon Aragon, dans une sorte de «vulgarité d’esprit» à vouloir admirer le poème de Rimbaud, plutôt que le radeau de la méduse de Géricault.

Poussée par des flots inconnus, immergée par des brumes poétiques, je déambule dans la plénitude du bonheur -héritage génétique, wouaf !- et rien ni personne ne saurait m’arrêter.

Contre vents et marées, je maintiens le cap vers ce paradis artificiel et je m’engouffre  dans cette faille littéraire avec un sentiment d’autosatisfaction sans limite. Je ne résiste pas à la tentation de me hisser dans cette audace narrative qui me conduira, à n'en pas douter, à poser mon séant sur un illustre fauteuil vert, voire à m'éterniser sous la coupole du Panthéon.

Seule à bord de ma feuille blanche, je suis à la fois l’amiral et le moussaillon, l’auteur et le nègre, l’iceberg et le Titanic. Comme Sillage à la recherche de planètes à coloniser, je jette mes mots dans ce billet, telle une bouteille à la mer, en espérant atteindre au cœur un éditeur rimbaldien traînant son ennui sur FB.

Un exercice de style hallucinant, comme une dérade*, que ce voyage sémantique en prose et en délire ! Les vagues enchanteresses des écrivains des temps passés m’ont submergée et entraînée loin du journalisme, mon continent. Cette ivresse n’est que passagère, mon incorrigible nature de signe de Terre va à nouveau conduire mes pas bloguesques dans une sagesse très soénienne jamais malhabile… D'ailleurs, Antiblues m'a déjà inspirée pour la 14e d'Asphodèle !

Foin des conventions, cette transgression surdimensionnée m’a fait un bien fou. Grâce aux vertus miraculeuses du langage, je m’enhardis ! Il sera toujours temps de revenir à l’abri derrière la muraille de mes chroniques et brèves pour les dernières Plumes à thème de l’été. Dans le silence de ma tour, ma liberté de pensée ne s’est heurtée à aucun obstacle et ne me laisse aucune amertume. Ce «moi» à l’attaque d’un nouveau monde est, certes, périlleux mais jubilatoire, qu’on se le dise, coquin de sort !

 
cf http://rimbaudexplique.free.fr/poemes/bateau.html

 * création poétique de A. Rimbaud pour sortie de rade

Parc Tête d'Or-barque