Oncle Dan nous invitait à jouer avec Missbouquinaix  Le Blog des livres qui rêvent... Aussitôt dit, aussitôt fait ! Un nouvel atelier dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie, c'est à ne pas manquer !

La consigne est simple : écrire un texte en utilisant au moins 5 des 10 mots  :
atelier - bouquet - cachet - coup de foudre - équipe - protéger - savoir-faire - unique -vis-à-vis - voilà

dix-moi-dis-mots

 

"Le bonheur est un rêve d'enfant réalisé dans l'âge adulte"
Sigmund Freud

Gepetto rêve souvent, qu’un jour ou l’autre, une de ces bûches entassées au fond de son atelier ne serait plus seulement un jouet en bois mais prendrait vie… Une pièce unique… un petit bonhomme qu’il aimerait bien plus que tous ces objets inanimés, un enfant qu’il regarderait grandir…

Pendant de longues années, Collodi, son père, lui avait transmis patiemment son savoir-faire, et très vite l’élève avait dépassé le maître.

Ses doigts s’entendent à merveille avec tous ses outils, la scie, la râpe, le ciseau. Il n’a besoin ni d’équerre ni de crayon, visualisant mentalement les formes et les proportions. Dans toute sa panoplie de menuisier, Gepetto préfére le rabot avec lequel il unifie et lisse les surfaces avant de les habiller de couleurs vives.

Gage de qualité, une fine couche de vernis apportée en dernier lieu donne un cachet certain à ces joujoux bien alignés dans la vitrine pour tenter les petits garnements, tandis que leurs parents admirent les bouquets de tulipes en bois multicolores.

Mais comment s’y prendre pour qu’un tel miracle se produise ? Gepetto n’a jamais cru aux fées.

Vis-à-vis de tous ces pantins articulés, animaux de l’Arche de Noé, petites maisons, fleurs et coffrets à musique, Gepetto se sent un peu gêné, c’est vrai, qu’un seul morceau de bois choisi au hasard, connaisse un tel destin. Car ces petits compagnons fabriqués comme des pièces uniques semblent avoir l’esprit d’équipe. Ils savent se faire choisir par deux, par trois ou plus, selon les circonstances, un Noël, un anniversaire, un séjour à l’hôpital, bref, une récompense pour ces enfants-rois. Souvent même, c’est un véritable coup de foudre, pas le temps de faire un paquet, la petite main enferme le jouet au fond de sa poche pour mieux le protéger.

Et voilà -car il faut bien une fin à cette histoire- un jour ou peut-être une nuit, surgie de ses yeux fatigués, une larme a coulé sur la joue du vieux Gepetto.

Sous son nez, le minuscule automate s’est redressé, s’est animé et lui a parlé : «Bonjour, tu es qui toi ? Je m’appelle Pinocchio, je veux bien rester avec toi longtemps, sans jamais raconter de mensonge, mais s’il te plaît, rabote-moi mon nez que tu as fait trop long».

 Pinocchio

photo So'N (magasin jouets en bois à Saint-Jean)