le rendez-vous d'Olivia


des mots une histoire Olivia

 

24 petits mots :
douleur - narcisse - lilas - choix - fiançailles - mensonge - forme - retour - diamant - photophore - tambourinage - branche - reflet - réitéré (e-s) - prisme - espérance - papillon - souvent - purgatoire - désirable - série - folie - controverse - peine
le 25e n’avait pas sa place dans ce texte : il s’agit d’argentier (pardon, Violette Dame mauve)
le 26e a été éliminé d’office : Christine ne sera pas surprise

 

Comment imaginer Séraphine dans sa robe «lilas blanc» couleur du petit diamant offert par Antonio pour leurs fiançailles, après la folie de l’actualité de cette semaine…

L’ampleur de l’événement ne me laissait pas le choix pour mon billet. Il me fallait poser «mes» mots, même si je suis consciente de prendre le risque, inévitablement, d’alimenter une controverse.

Je tiens toutefois à préciser que je ne fais pas d’amalgame. Je constate simplement et suis révoltée par toutes les formes de terrorisme aveugle.

Des mots durs, déposés comme des photophores, en souvenir de ces êtres martyrisés, tandis qu’à Lyon avait lieu une cérémonie de «prière à l’absent» à la Grande Mosquée de Lyon, dédiée à Mohamed L., l’un des trois militaires abattus à Montauban, caporal du 17e Régiment du génie parachutiste, dont la famille habite Meyzieu, une commune du Rhône. Ce jeune allait avoir 24 ans.

Impossible de ne pas s’indigner à la suite de cette série de meurtres. Impossible de rester insensible à la douleur des Familles. La Nation crie sa peine à l’unisson. Ce retour à la raison, dans ces moments de deuil national, quelque part me rassure.

«Tu ne tueras pas». Le 6e commandement (ou la 6e parole) du Décalogue me revient à l’esprit, comme un tambourinage assourdissant… Chrétienne, j’ai appris par cœur, dès l’enfance, les 10 paroles de la Bible, et même si ces instructions morales et religieuses ne me parlaient pas vraiment, je les récitais au catéchisme. Les religions juives et chrétiennes se réfèrent à cette même parole de Dieu et le Coran fait également référence aux tablettes données à Moïse, au Mont Sinaï.

Qui était-il donc, ce tueur, pour réitérer 7 fois -et plus comme il l’avait programmé- son geste impardonnable, et pour assassiner des ENFANTS avec autant de détermination et de détachement ? Pour qui se prenait-t-il pour avoir un tel mépris de la France ? Aveuglé par le prisme de ses préjugés, par son orgueil et sa haine, tel Narcisse, il s’est enfin noyé dans le reflet de son moi démoniaque, après avoir tenté d’échapper aux policiers du Raid. Hélas, il ne sera pas jugé par les hommes… Mon seul réconfort c’est de croire que son âme sera at vitam sans salut, qu’il restera prisonnier au purgatoire d'une "solitude éternelle"*, et qu’il lui faudra désormais ne rendre des comptes qu’à son Dieu, Allah.

Quelle espérance dans la vie auront, désormais, les enfants survivants de l’école de Toulouse, qui ont vu leurs petits camarades être abattus, de sang froid, par cet ignoble individu ?... Fragiles encore comme les ailes d’un papillon, ils en garderont toute leur vie une blessure morale indélébile.

Les adultes rescapés de cette tuerie et de cette traque infernale, meurtris physiquement et moralement, resteront, quant à eux, comme un oiseau sur la branche, car il ne faut pas se raconter de mensonge, on ne ressort jamais indemne d’une telle tragédie.

Alors, surtout, qu’on ne lui trouve pas une seule excuse. Quels seront les arguments de défense de son Avocat ?...

«L’homme qui pardonne ou qui demande pardon comprend qu’il y a une vérité plus grande que lui» (Jean-Paul II). Là, je ne comprends pas, je doute de plus en plus souvent et je perds la foi…

Marc Lévy