Soène aux mots passant

Festival mondial des Roses

Lyonnaises, Lyonnais,
Rhônalpins
& autres visiteurs bienvenus

ne manquez pas ce week-end festif lyonnais

les 29-30 et 31 mai 2015

 CLIC

Festival Roses-Decaux (2)

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22 mai 2015

Expo Roses, une histoire lyonnaise

du 22 mai au 30 août 2015

Musée Gadagne

"Roses, une histoire lyonnaise"

 CLIC

 

Roses une histoire lyonnaise-Gadagne

 

 à lire sans modération

"Le guide de la Rose à Lyon"
de Pierrick Eberhard

guide de la rose à Lyon

 

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21 mai 2015

La poésie du jeudi avec Asphodèle

 

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

ICI

 

Anna de Noailles

La comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan, est une poétesse et romancière française, d'origine roumaine.

 

 

Eloge de la Rose
Anna de Noailles

 

Quelle tranquillité dans un jardin, le temps
Est là qui se repose ;
Et des oiseaux sont là, insouciants, contents,
Amoureux de la rose,

 De la rose charmante, à l'ombre du rosier
Si mollement ouverte,
Et qui semble la bouche au souffle extasié
De cette saison verte.

 Il fait à peine jour, toute la maison dort
Sous son aile ardoisée,
Quand les fleurs du parterre ouvrant leur coupe d'or
Déjeunent de rosée.

 De blanches, jaunes fleurs ! c'est un peuple divin
Parqué dans l'herbe calme,
Le mol acacia fait sur le gravier fin
Un bercement de palme.

 Les fleurs du marronnier, cônes de parfum blanc,
Vont lentement descendre
Pour entourer les pieds du printemps indolent
D'aromatique cendre.

 O douceur des jardins ! beaux jardins dont le coeur
Avec l'infini cause,
Régnez sur l'univers par la force et l'odeur
De la limpide rose,

 De la rose, dieu vif, petit Eros joufflu,
Armé de courtes flèches,
A qui les papillons font un manteau velu
Quand les nuits sont plus fraîches.

 Rose de laque rose, ô vase balancé
Où bout un parfum tendre,
Où le piquant frelon doucement convulsé
Sent son âme s'épandre.

 Rose, fête divine au reflet argentin
Sur la pelouse éclose,
Orchestre de la nuit, concert dans le jardin
Feu de Bengale rose !

 Rose qui, dans le clair et naïf paradis
De saint François d'Assise,
Seriez, sous le soleil tout ouvert de midi,
Près de sa droite assise !

 Rose des soirs d'avril, rose des nuits de mai,
Roses de toute sorte,
Rêveuses sans repos qui ne dormez jamais
Tant votre odeur est forte,

 Fleur des parcs écossais, des blancs cloîtres latins,
Des luisantes Acores
Vous qui fûtes créér avant Eve, au matin
De la plus jeune aurore,

 Rose pareille au ciel, au bonheur, au lac pur,
A toute douce chose,
Rose faite de miel, faite d'un azur

Qui est rose, ma rose !...

 

détail mur peint - 8e arrondissement
"La France" de Guillot

détail fresque roses9

 

blog en pause
@ bientôt

 

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20 mai 2015

Le défi du 20 avec PassiFlore

Bien sûr que je joue -un tout petit peu, il ne faut pas rompre la chaîne d'amitié- avec PassiFlore pour son défi de mai. Ou plutôt je rejoue car Evalire nous avait suggéré de parler du "ciel" en décembre dernier ICI

 

J'avais déjà évoqué La Rose et le Réséda de Louis Aragon !

"Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas...

L'un court et l'autre a des ailes..."

ange Loyasse

angelot - cimetière de Loyasse

 

 
Depuis quelques mois, mon ciel personnel est un peu bouché... Je vis dans une bulle "roses", je suis figée, l'esprit totalement occupé par cet événement lyonnais d'envergure mondiale. J'en suis toute retournée !

P1110532

 

Que je vous rassure ! Mon horizon va s'éclaircir dès le 2 juin, et c'est tant mieux. D'ici là, rien d'autre que ma participation active de bénévole pour le Congrès et le Festival des Roses ! Je remue ciel et terre... Et je  passe, ces jours, sous des ciels de roses !

Roseraie Fourvière (1)

voute de roses à la Roseraie de Fourvière

 

ciel roses

 

ciel de roses roseraie de concours Parc Tête d'Or


Allo le Ciel ? Faites que toute l'eau de là-haut ne tombe pas sur Lyon, fin mai. Concentrez la pluie sur Roland Garros, hein ! Ils peuvent bâcher, pas nous ! Ici, avec le soleil, la fête sera plus belle

ou juste quelques nuages

8-11-09 soleil et nuage

soleil et nuages

 

même un ciel moutonné

Nuages moutons

 

pas noir comme celui de Baudelaire, étoilé comme celui de Van Gogh ou de Célestine, ou avec une seule étoile comme celui de Saint-Exupéry.

 

Avec des milliers de roses le jour, et des milliers d'étoiles la nuit, je serais au 7e Ciel !

 

St-Bruno-roses plâtres (2)

roses en plâtre - église Saint Bruno

 

 Rendez-vous le 20 juin pour le prochain Défi avec Sophie

 

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07 mai 2015

La poésie du jeudi avec Asphodèle

 

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

et son cahier de poésies
ICI

La rose thé
Théophile Gautier

La plus délicate des roses
Est, à coup sûr, la rose-thé.
Son bouton aux feuilles mi-closes
De carmin à peine est teinté.

On dirait une rose blanche
Qu'aurait fait rougir de pudeur,
En la lutinant sur la branche,
Un papillon trop plein d'ardeur.

Son tissu rose et diaphane
De la chair a le velouté ;
Auprès, tout incarnat se fane
Ou prend de la vulgarité.

Comme un teint aristocratique
Noircit les fronts bruns de soleil,
De ses soeurs elle rend rustique
Le coloris chaud et vermeil.

Mais, si votre main qui s'en joue,
A quelque bal, pour son parfum,
La rapproche de votre joue,
Son frais éclat devient commun.

Il n'est pas de rose assez tendre
Sur la palette du printemps,
Madame, pour oser prétendre
Lutter contre vos dix-sept ans.

La peau vaut mieux que le pétale,
Et le sang pur d'un noble coeur
Qui sur la jeunesse s'étale,
De tous les roses est vainqueur !

 


photo "La France" de Guillot
(hybride de thé)
http://www.roses-guillot.com

rosier-la-france

 

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30 avril 2015

La poésie du jeudi avec Asphodèle

 

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

 pour feuilleter le cahier des poésies
CLIC

 

Une recette plutôt qu'une poésie, c'est permis ? Je suis certaine que Syl réalisera cette recette dans l'été !

 

Celles et ceux qui ont lu "Quai des enfers" connaissent Ingrid Astier. Auteur, entre autres, du petit livre

"Le goût de la Rose"
Le goût de la rose

aux Editions Mercure de France, elle me régale avec ses textes choisis dans ce recueil délicieux, offert par Sharon lors de notre swap. (Du même auteur : Le goût des parfums, le goût du thé, le goût du chocolat et le goût du champagne).

 

 

Ma glace à la rose
Ingrid Astier

Note de l'Auteur

Ah ! Le souvenir d'un desset à l'assiette, que Pierre Hermé servait, un temps, chez Ladurée... Il s'appelait Arlettes croustillantes, glace aux pétales de rose et framboises écrasées. Le matin, au petit déjeuner, la glace à la rose, nuage de rosée, lave du sommeil et rafraîchit le palais. Elle incarne pleinement l'idée d'un parfum de bouche. Comme suscité, le jardin bourguignon de ma mère est là : le nez palpite dans la robe de soie généreuse de Chartreuse de Parme, la main dérobe les framboises aux rouges-gorges, au plastron digne de Pat Austin !

 

Progression
(à préparer la veille)


Fendre une gousse de vanille en deux, dans le sens longitudinal. En prélever 1/4. L'aplatir avec la lame d'un couteau et, de la pointe, retirer les graines. Les mêler à 50 cl de lait frais entier.

Porter le lait à ébullition avec 125 g de crème fleurette.

Battre 5 jaunes d'oeufs avec 100 g de sucre. Les blanchir jusqu'à lassitude du poignet, pour obtenir un mélange crémeux.

Hors du feu, ajouter petit à petit le lait tiède, en fouettant bien le mélange.

Puis, verser 50 g de sirop de roses.

Cuire au bain-Marie jusqu'à ce que la crème forme ruban, à l'instar d'une crème anglaise. Ne jamais cesser de tourner, en faisant des "huit" avec la spatule en bois. Lorsque la crème nappe la cuillère, vers 84°C, retirer du feu.

Sangler le mélange sitôt cuit en plaçant le récipient sur un lit de glace et d'eau.

Filmer et laisser maturer au réfrigérateur pendant une nuit pour permettre aux arômes de se développer.

Turbiner 25 à 30 minutes avant de servir.

Former d'élégantes quenelles à l'aide de deux cuillères à soupe trempées dans de l'eau chaude. Divertir de quelques framboises.

 

glace à la rose
image du Net

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25 avril 2015

Les Plumes à thème d'Asphodèle

 Plumes-logoplume

 

les revoilà ICI


Les 43e Plumes avec les mots : allergie - vélléité - brise - espérance - étincelle - écrire - déplaisir - censure - enfant - gourmandise - premier - tramway - rides - éphémère - envie - amour - voyage - peluche - chocolat - tapir - envol - baiser - attendre + vibrer - volutes - valser.


Mon désir de bien faire me gâche un peu la vie. Je suis comme je suis ! Et qu'elle est donc agréable cette petite étincelle qui s'allume quand mon ego vibre !

Depuis un an (vive la retraite !), je n'ai plus, ni le temps d'écrire, ni le temps de compter mes rides... Zut pour le premier, tant mieux pour les ravages de l'âge. Mais pour les rendez-vous des Plumes d'Asphodèle, je constate sans déplaisir que ma volonté triomphe toujours de ma vélléité.

Il s'en est pourtant passé des événements, frappés par une sorte de censure procrastinienne, que j'ai envie de dévoiler. Des moments éphémères, certes, qui restent gravés dans mon coeur et mon disque dur (d'ordi !).

Alors, sans plus attendre, je refais un petit voyage dans mon passé proche. Depuis belle lurette, vous connaissez ma gourmandise pour les (bonnes) surprises.

Fin mars, l'édition 2015 des Quais du Polar m'a fait vivre deux rencontres improbables. Pour l'occasion, Claudialucia et Wens sont "montés" à Lyon, bravant brise et crachin. Ils s'étaient fait tout un programme (très chargé...), et rien de s'est passé selon leur espérance. La foule nombreuse et les queues interminables ont eu raison de leur "amour polaresque". Ils ont glané quand même une belle récolte de livres et de signatures ICI et LA chez Claudialucia.

a-QdP2015 (2)

Nous avions décidé de mener l'enquête-balade urbaine qui leur a fait découvrir un peu la cité internationale, le Parc de la Tête d'Or, la colline qui travaille, les pentes et la presqu'île. Préférant le bus au tramway, nous nous sommes retrouvés au clocher de la Charité, comme si nous nous connaissions depuis toujours. Je m'étais fait une idée bien précise de ce couple virtuel. J'avais tout faux ! Ils sont adorables et pas du tout intimidants. Et pourtant, les billets sur l'Art de Claudialucia m'impressionnent "grave" !

A peine le petit livret-guide pour l'énigme récupéré au MAC, et avant d'atteindre la première étape, juste à hauteur de la sculpture "Ensemble pour la Paix et la Justice", Wens avait trouvé la plupart des réponses... et son désir de suriner restait intact ! Hum... Enfin, on a été jusqu'au bout et rendu notre copie à l'Hôtel de Ville. Résultat : 50 % de juste, 50 % de faux. La moyenne, c'est déjà bien, hein ! L'envol en terres lointaines sera pour nous une prochaine fois !

Après un déjeuner sympa sur la terrasse (chauffée) du Café 203 bondé, je les ai abandonnés car je m'étais inscrite à une rencontre avec Michel Bussi. Si ! Trop bien. Un vrai lien entre les Nymphéas noirs et Aurélien ! J'étais littéralement asphyxiée par les volutes du bonheur.

 

Le 14 avril, par un temps d'été, glacière de pique-nique à l'épaule, j'ai retrouvé Antiblues et Lino au Parc de la Tête d'Or. Pas trop le temps de traîner à cause d'une poney-party à l'heure du goûter mais avec Lino nous avons réussi à entraîner le gars du Sud à la pêche au canard, après quelques tours de karting.

Comme il a changé, Lino. Valsent les années, c'est ainsi. Le petit enfant lové, avec son cousin, dans les bras de Grand-Père, a bien grandi, presque prêt pour le CP à la prochaine rentrée.

2015-04-14-Lino (6)

 

 

Deux mots enfin sur Natty, 8 mois déjà, toute mignonne et menue, reine des câlins et demandeuse de caresses à l'infini. Elle saute partout, grimpe, fait la chasse aux insectes volants sur le balcon, se tapit sur le lit prête à bondir sur une peluche qu'il faut que je lui lance, me raconte des histoires en miaulant, et, récompense suprême, elle me donne des petits baisers du bout de son nez humide !  

Natty-peluches

 

700 mots, c'est la nouvelle règle... Voilà, je suis chocolat ! Il ne m'en reste pas suffisamment pour parler de tout le reste, randos, visites, balades, lectures et, bien sûr, de mes amies les Roses !  

(641 mots)

 

a-Expo Terre des Roses-panneaux (29)

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22 avril 2015

Aurélien

 

Aurélien

 

Aurélien
Louis Aragon

 lecture commune avec Valentyne
La Jument Verte
ICI

 

Aurélien Leurtillois "promenait avec lui, et pour lui seul, sa guerre, comme une plaie secrète" (page 41). Depuis trois qu'il avait quitté l'Armée d'Orient  juste blessé, Aurélien "aimait assez faire l'expérience du temps perdu" (page 46)  car il "avait le doux malheur de ne pas avoir à songer au lendemain". Il était spectateur plutôt insatisfait de sa vie de jeune rentier épris de luxe, séducteur à l'esprit inoccupé.

De retour depuis trois ans dans une société civile mondaine, friquée et  superficielle, il n'arrivait pas à faire la rupture avec cette guerre de 14-18, d'autant plus qu'il en était revenu avec le paludisme : "il ne se remettait pas de cette longue maladie... Il n'arrivait pas à faire le point de ses pensées ; il ne trouvait pas l'emploi de son énergie ; plus exactement il ne savait pas vouloir..." (page 42).

Rêveur et rebelle, aimant "résister à ce qu'on voulait lui faire faire", il devait pourtant affronter sans cesse ses peurs, ses doutes, ses  inquiétudes et ses contradictions.

En conquêtes perpétuelles sans lendemain, il ne voulait pas se faire prendre au piège de l'amour avec un grand "A" : "Facile de penser à autre chose, facile de refuser la douleur... Facile de ne pas aimer". (page 572).

Sauf que : "qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?"...

Bérénice Morel, petite provinciale, épouse d'un pharmacien, "cette petite femme insignifiante, avec ses cheveux blonds sans grâce, son visage anguleux, ses yeux traqués et noirs" (page 575), débarquée par hasard -ou pas- dans sa vie, allait la lui bouleverser. Et comme il ne s'était jamais remis tout à fait de sa guerre, il ne se remettrait jamais de cet autre combat "Il n'y a pas de bonheur, il y a la guerre" (page 118).

"Elle est mieux que jolie. Elle est autre chose. Elle a un charme... Voilà ce qu'il y a... Il retrouve bien les traits, mais pas le secret de leur charme... comme un mot qui échappe..." (page 144).

"A propos de portrait, Zamora expliqua qu'il trouvait Madame Morel est intéressante parce qu'elle avait des yeux volés, des yeux qui appartenaient à un autre visages... Deux modèles, celui qu'on voit et celui qu'on ne voit pas ; qu'il la peindrait à la fois avec les yeux ouverts et les yeux fermés, pour qu'on vit les deux êtres qui se battaient dans son visage, comme un battement de paupières... (page 175).

Si ce n'est pas un coup de foudre pour Aurélien lors de leur première rencontre, cet état amoureux va se renforcer dans les moments où il est séparé de Bérénice, jusqu'à en devenir obsessionnel : "Il avait de l'amour comme ce sentiment immobile dans les rêves"... "Il pensa qu'elle avait déjà envahi son chez lui à la manière d'un parfum" (page 299). La passion surprend Aurélien et la confusion des sentiments surprend Bérénice. "Il la regardait fuir, et revenir... Il regardait Bérénice sournoisement revenir, jouer avec le feu, sûre d'elle-même, sûre de lui...". "Il y a une passion si dévorante qu'elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s'en sont pris à elle s'y sont pris. On ne peut l'essayer, et se reprendre. On frémit de la nommer : c'est le goût de l'absolu. On dira que c'est une passion rare..." (page 302).

Ah ! ce goût de l'absolu et son incompatibilité avec le bonheur... "Ce symptôme est une incapacité totale pour le sujet d'être heureux... De ce qui ferait son bonheur, il exige toujours davantage... Que le goût de l'absolu en un mot ne va pas sans le vertige de l'absolu... D'où lui venait ce goût de l'absolu, je n'en sais rien. Bérénice avait le goût de l'absolu... Il lui fallait enfin quelque chose de parfait. L'attirance qu'elle avait de cet homme se confondait avec des exigences qu'elle posait ainsi au monde..." (chapitre XXXVI, pages 302 à 308).

"Il n'y a pas d'amour heureux".

L'épilogue (pages 644 à 697) nous transporte 20 ans plus tard, pendant la seconde guerre, au village où habitent Bérénice et son mari Lucien. Aurélien et Bérénice se retrouvent enfin.

"Il en est d'une femme comme d'une patrie, la perdre est stupeur" (page 572).

Mais la raison et l'absolu sont les ennemis de l'Amour. De fuites en retrouvailles,  Aurélien et Bérénice n'arriveront plus à se comprendre, et la guerre aura le dernier mot. 


Aragon a commencé à écrire Aurélien au printemps 1942 et repris en novembre, parce que Elsa Triolet écrivait Le cheval blanc qui était devenu pour lui une obsession tandis qu'il écrivait Aurélien. Un paragraphe, page 55, tisse le lien entre les deux romans.


Dans ce roman, Aragon nous impose ses idées, ses réflexions, ses convictions, ses propres doutes et obsessions. Il dresse le portrait de chaque personnage et décrit chaque lieu de façon précise et imagée, mêlant ainsi vérité et fiction. Mais il nous perd dans un dédale parfois insupportable et nous fait languir en étalant les faits et gestes quotidiens des nombreux personnages secondaires tirés de la vraie vie. Des longueurs sur la guerre, le mode de vie de ces nantis noyés dans le néant de l'oisiveté et de l'argent, nous retardent pour aller à l'essentiel, pour nous concentrer sur cette belle histoire d'amour "sans le faire" dans laquelle, tout à coup, Aurélien prend grâce à nos yeux. Ce jeune homme n'est pas si noir qu'il en a l'air !

Le noir est omniprésent dans les couleurs des choses (yeux, carnets, jours, arbres, raisins, etc.) mais aussi dans le noir des sentiments, de la vie tout simplement. L'écriture d'Aragon chante la poésie, transpire de délicatesse, de références artistiques de son époque, de ses poèmes, mais aussi de ses ressentis des difficultés dans sa vie de couple.

L'auteur fait également beaucoup usage d'antonymes : inavouable, inatteignable, inimaginable, incroyable, impossible, insupportable, inintelligible, intolérable, improbable, inutile, inexcusable, insignifiant, invisible, incompréhensible, indignité, indigne... (et j'ai dû en laisser passer !) qui renforcent toutes ces désillusions.

"N'était-ce pas son indignité devant la vie qui l'avait fait indigne de l'amour ?" (page 573).

En 1966, Aragon, pressé de questions depuis la parution de son roman, a ajouté une longue préface (pages 9 à 25),"Voici le temps enfin qu'il faut que je m'explique" (Bérénice, acte II, scène II), où il s'adresse "aux gens" aux lecteurs et à Elsa.

 

 

C'était le premier livre de Louis Aragon que je lisais. Valentyne, la petite coquine, m'a lancé un défi : faire une lecture commune sur Aurélien, après notre coup de foudre des Nymphéas noirs de Michel Bussi !

Aux Quais du Polar, j'ai assisté à une rencontre avec Michel Bussi. Et j'ai pu lui poser la question qui me taraudait : s'était-il inspiré du roman d'Aragon, un habitué de Giverny, pour écrire les Nymphéas noirs ?

Michel Bussi m'a répondu que non, il avait déjà la trame, s'est documenté, et a aimé mentionner les chapitres 60 à 64, chez Monet à Giverny, qui font forcément penser à Stéphanie et Sérénac... 

*-_-*

 

Moi, vous me connaissez, "même pas peur" ! Et comme je n'ai aucune notion de la technique pour chroniquer un livre, j'ai conçu ce billet "à ma façon" !

Merci Valentyne pour ce partage de lecture. J'ai beaucoup aimé ce roman qui me donne envie de lire les 3 autres romans du "cycle romanesque" de l'Auteur : Le monde réel, Les voyageurs de l'impériale et les Communistes.

Le pli est pris. Nous avons envie de lire Le cheval blanc, avec sûrement, une 2e LC à la clé ! 

 

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20 avril 2015

Le défi du 20 avec Florence

Le théme choisi par Florence n'a surpris personne, notre Meneuse du Défi d'Avril est dans son élément.

Ce mois-ci, il faut que je confesse mes lieux de créations et d'inspirations (et au pluriel, tout ça !)
"Chacun, chacune d'entre nous écrit, chante, couds, danse, bricole...Avez-vous un atelier, un coin pour votre matériel, vos outils, vos répétitions ? un lieu particulier pour exercer votre passion, votre hobby ? une atmosphère qui fait instantanément jaillir l'étincelle créative ? Faute d'avoir votre propre espace créatif peut-être rêvez-vous  d'un endroit idéal ?

Levons, si vous le voulez bien, un coin du voile sur les coulisses de notre univers créatif !"

a-défi 20 avril (10)

A Soène, rien d'impossible ! Pensez donc, j'ai des ressources dans ma photothèque ! -enfin non, pas vraiment, juste quelques images fabriquées à la hâte pour la circonstance-

Au Jeu des 7 familles des "deux mains gauches", je suis la Mère ! Pour une droitière à 100 %, c'est plutôt gênant ! Je ne dessine pas, ne peinds pas, ne couds pas, ne chante pas, ne fais pas de bricolage ni ne jardine. Juste un peu de tricot de temps en temps (bien sûr que je vais finir l'ouvrage commencé en juillet dernier), du coloriage (si, je vais m'y mettre) et du décopatch (si, je vais m'y remettre).

ma collection "d'outils"
(bien rangés dans une boîte)

a-défi 20 avril (2)

l'héritage de mon père

 a-défi 20 avril (11)

le coloriage c'est la mode

a-défi 20 avril (4)

les livres rangés sur l'étagère

a-défi 20 avril (5)

 

et les cartes de voeux, hein
ça, je fabrique moi-même

a-défi 20 avril (3)


Hum, c'est un peu léger tout ça...

Alors quoi dire pour relever ce défi de façon originale ?

Appliquée et persévérante -moi, vous me connaissez-, j'ai longtemps ruminé, cherché, et dans mes fouilles j'ai retrouvé le guide de Brenda Mallon "Une Année de Créativité".

a-défi 20 avril (1)


Les deux premières phrases de la 4e de couverture m'ont enfin rassurée : "La créativité n'est pas réservée à quelques professionnels des arts, ou à quelques êtres particulièrement doués. Chacun de nous est créateur, et créatif, encore faut-il qu'il le découvre, qu'il s'en persuade et apprenne à se détourner de l'opinion des autres, qui bien souvent le condamnent à garder cachée et endormie sa créativité."

Trop tard pour rédiger un journal de mon Année créatrice. Je me suis donc projetée directement dans le premier mois de la 3e saison "Ecriture créatrice".

"Toute écriture est un acte créateur"

Le premier chapitre "Ecriture spontanée" me fait penser à celles et ceux qui ont fait la promesse d'écrire tous les jours, cent mots, sur le vif, tout au long de l'année. Bravo ! Trop contraignant pour moi...

Le deuxième chapitre "Ma Muse" m'inspire. Je joue !

Pourquoi ma muse ne parle-t-elle que lorsqu'elle est malheureuse ?
Mais, en réalité, c'est moi qui n'écoute que lorsque je suis malheureux
Quand je suis heureux, je vis et méprise l'écriture
Pour ma Muse cela ne peut être que décourageant."
Stevie Smith "Ma Muse" - 1964

Allons bon, à croire que je suis heureuse car ma Muse ne me visite guère depuis quelque temps. Je me plie docilement au petit exercice pour l'inviter à me re-visiter (et dire que je n'ai même pas répondu au questionnaire à la Proust de Mind the Gap Si c'est fait depuis !)

"Si ma Muse était... réécrire en commençant par "Je suis", en indiquant mes choix -avec une description additionnelle, éventuellement- et en insérant la dernière ligne obligatoire "Je suis une partie de moi". (vous pouvez jouer aussi, hein !)

Si ma Muse était un oiseau, une couleur, un animal, un son, un goût, un arbre, une texture, une partie d'un paysage, elle serait :

Je suis une tourterelle qui bassine avec ses rou-cou-cou
Je suis le bleu du ciel ou de la mer
Je suis chat d'écrivain, perché sur la table, à côté de l'ordinateur qui me tient chaud
Je suis la grosse cloche de Notre Dame qui s'agite tout en haut du clocher
Je suis du chocolat noir à 72 %, pur mais pas trop amer
Je suis un sapin de Noël poté (avec des racines pour ne pas mourir) et décoré
Je suis un coupon de soie sauvage
Je suis un lac naturel, à la campagne
Je suis une partie de moi.

Il paraît qu'une affirmation est une déclaration positive. Ne pas oublier de répéter, chaque matin, la phrase célèbre de Monsieur Emile Coué : "Chaque jour, en tous points, je vais de mieux en mieux." On dit que c'est énergisant de se le répéter tous les matins en se rasant, se brossant les dents devant la glace.


Le troisième chapitre "Listes de vie" tombe pile-poil pour me décider à remplir mon carnet (tout neuf !) "Qui êtes vous ? 60 listes pour le savoir !"

a-défi 20 avril (6)



Le quatrième chapitre "Tenir un journal", mais attention ! les mots peuvent nous grandir ou nous ratatiner... Enfin, bon, avec nos temps modernes, l'ordi a fait mourir un peu les vieux cahiers.

Ainsi de suite, les chapitres se suivent sans se ressembler : rituels d'écriture, poésie passionnée, etc.

"Le processus créateur consiste en partie à lâcher prise aux pensées quotidiennes pour permettre à la créativité de s'épanouir."

QU'ON SE LE DISE ! 

 Rendez-vous avec PassiFlore
pour le Défi du 20 mai

 

 

 

 

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16 avril 2015

La poésie du jeudi avec Asphodèle

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

CLIC
pour trouver le chemin de son cahier de poésies

 

Cythère
Paul Verlaine

Un pavillon à claires voies
Abrite doucement nos joies
Qu'éventent des rosiers amis ;

L'odeur des roses, faible, grâce
Au vent léger d'été qui passe,
Se mêle aux parfums qu'elle a mis ;

Comme ses yeux l'avaient promis,
Son courage est grand et sa lèvre
Communique une exquise fièvre ;

Et l'Amour comblant tout, hormis
La Faim, sorbets et confitures
Nous préservent des courbatures.

 


Lion de Lyon décoré en aquarelles de Vincent Jeannerot

a-2015-04-01 Terre des roses

Exposition "Terre des Roses"
Orangerie du Parc de la Tête d'Or

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