Soène aux mots passant

28 janvier 2015

Scènes de rue chez Olgayou

le mercredi
on joue avec Olgayou  

 

pas de fleur au fusil

mais une rose au guidon

cet homme a tout compris

 oui... mais

encore une victime innocente !

la vie est injuste, vraiment

 

a-homme vélo

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25 janvier 2015

Ma liberté de penser

Vieille et rebelle, je deviens ! Et mon âge me permet enfin de dire ce que je pense... de plus en plus ! Depuis le 7 janvier, je remâche les images et les mots, je rumine, je réfléchis à "cette guerre qui ne dit pas son nom". Je suis une vieille dame indignée.

Certes, on peut rire de tout mais on n'a pas toujours envie.

On m'a reproché d'"être Charlie" et de faire un billet "tolérance zéro". Mais tout peut-il être pardonné, comme c'est écrit sur la page de couverture de ce Charlie Hebdo "d'après" que plus de 7 millions de gens ont acheté ?

Après plusieurs tentatives infructueuses, dimanche dernier, j'ai pu en acheter un exemplaire pour soutenir ce "journal irresponsable" (c'est eux qui le disent) et ces journalistes-chroniqueurs-dessinateurs survivants qui osent dénoncer le pire pour réinventer le meilleur.

S'ils ne sont pas sans reproches, ils sont sans peur, même si leurs écrits et dessins de ce numéro 1178 sont remplis de larmes. On les comprend. Moi aussi, j'avais le coeur lourd et les yeux pleins de larmes devant ma télé. Je salue leur courage. "Mourir debout plutôt que vivre à genoux".

Je n'avais jamais lu Charlie Hebdo auparavant. Et je n'ai pas pu lire ces 16 pages en entier... J'ai regardé les dessins, lu quelques bulles, parcouru quelques articles, c'est tout. Mais c'est suffisant ; j'ai ma propre opinion sur ce qui s'est passé. Mais fallait-il encore cette Une de Luz  ?... Comme exutoire pour lui/leur... nous permettre de tourner la page ? Comme un hommage des survivant à ces Héros morts de l'An 2015 ?

Je voulais acheter Spirou qui explique tout aux enfants. A quoi bon. J'ai tout compris. Je feuilleterai avec curiosité Mon Quotidien le 31 (le Président-rédacteur en chef, ça me dérange). Et là aussi, je me pose encore une question : tous ceux qui se sont emparés de ces événements pour en faire un journal, une chanson ou autre chose, avaient-ils le droit de s'en servir pour se faire de la pub ?...

"Plus jamais ça"... On entend ce beau discours à chaque fracas, à chaque désastre, à chaque massacre. Les hommes ont la mémoire courte décidément et les livres d'Histoire sont bien peu convainquants, voire un peu ringards.

14-18, 39-45, ces sombres moments du 20e siècle que nous n'avons pas connus pour la plupart d'entre nous, seront-ils effacés, oubliés, à cause de la folie meurtrière sans fin que connaîtra ce 21e siècle, orchestrée par une poignée de fanatiques fous, si nous ne nous révoltons pas ?

Pourquoi ces 3 tueurs déjà délinquants, déjà connus et condamnés étaient-ils en liberté ?

Il est urgentissime d'éradiquer ce mal qui ronge aussi, de plus en plus, des jeunes Français... "L'amour plus fort que la haine" n'est pas une évidence semble-t-il. Alors, il faut leur apprendre à ces jeunes paumés, les valeurs de la République, comme les règles de grammaire, comme la politesse, comme le respect des autres.

"La laïcité, point final" ? Alors pourquoi parler autant des religions ? Il y a tant d'autres sujets à croquer pour se moquer, sans provoquer les foudres des croyants, des intégristes et de tous ces autres indignés égratignés.

"La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres". 

 

"...Pleurer des yeux à faire reverdir les déserts avec les paysages les plus beaux.
Pleurer de mon âme pour changer le cours des choses.
Pleurer de mon corps pour en sortir une énergie si grande que..."
(extrait de Histoire d'urgences de Patrick Pelloux
page 7 du Charlie Hebdo n° 1178 du 14/01/2015)

 larme

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22 janvier 2015

La poésie du jeudi chez Asphodèle

Jeu-Atelier les Plumes d'Asphodèle

son carnet de poésie ICI

 

Jeudi dernier, j'ai regardé la cérémonie des funérailles de Tignous diffusée en direct à la télé. Le lendemain, j'ai suivi celle orchestrée pour Charb et écouté les discours, sans lever le poingt. Impossible de tourner la page de ces assassinats. Que d'émotions.

Une Ministre, qui a cité Paul Eluard, jeudi, m'a donné l'idée -l'envie- de choisir ce poème.

 

Dit de la force de l'amour
13 avril 1947


Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l'injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d'Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l'espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal


La lumière toujours est tout près de s'éteindre*
La vie toujours s'apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n'en a pas fini*
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s'installe


Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n'y résisteront pas
J'entends le feu parler en riant de tiédeur
J'entends un homme dire qu'il n'a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j'aime à jamais toi qui m'as inventé
Tu ne supportais pas l'oppression ni l'injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d'être libre et je te continue.


* mots repris par Madame la Ministre de la Justice qui s'adressait à l'épouse de Tignous

 

Elle-colombe-Charlie

image du Net

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20 janvier 2015

Le défi du 20 avec Kris

Pour ce premier Défi du 20 de l'année, Kris nous demande de parler

de nos rêves les plus fous
de ceux que nous avons réalisés
et de ceux qui attendent encore...

 

Ca commence fort ! Il va falloir se dévoiler... Et vous le savez, je ne le fais plus désormais qu'à très petites doses, ici !

Mon guide des idées littéraires (vieux de presque 30 ans !) précise que "le rêve est l'activité psychique, non soumise à la volonté, qui a lieu pendant le sommeil. Lorsqu'il se produit à l'état de veille, c'est une construction de l'imagination qui cherche à échapper au réel : on parle alors de rêverie".

Le rêve Pablo Picasso-1931
image du Net
Le rêve - Pablo Picasso -1931-

 

Laissons ces belles théories, Kris nous demande juste du concret : de parler de nos envies -avoir envie c'est déjà succomber- !

 

"Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve."
Philippe Chatel

Ma vie a été tellement cadrée que je n'ai pas de rêves fous à raconter. Sage comme une image, j'ai été, je suis et je serai ! Mais non, ma vie n'est ni grise ni triste, juste parfois un peu trop raisonnable ! Et puis j'ai décidé d'être désormais beaucoup plus imparfaite, libre et heureuse...

 

Après des jours de réflexion, celui concrétisé qui m'a le plus marquée est ma croisière sur le lac Nasser. J'en avais beaucoup parlé à l'époque. Des images et des émotions sont gravées dans ma mémoire, au départ d'Abou Simbel jusqu'à Assouan.

 

"On tangue on tangue sur le bateau
La lune la lune fait des cercles dans l'eau
Dans le ciel c'est le mât qui fait des cercles
Et désigne toutes les étoiles du doigt..."
Clair de lune - Blaise Cendrars

 

a-M

 a-M

 

Et ceux à venir, alors ? (qui n'ont aucune chance de se réaliser !)

"Rêver c'est le bonheur ; attendre c'est la vie"

 

Depuis des années, je rêve de participer à un "Paris-Dakar", pas en tant que concurrente, juste avec la caravane d'organisation.

Logo_rallye_Dakar_svg

image du Net
Logo 1er Paris-Dakar -1978-

 

Ou bien un autre, aussi fou, de faire un trek dans le désert jordanien, ou plus proche de Lyon mais tout aussi difficile, le GR 20.

sentier-gr20
image du Net

 

Ou bien encore, une deuxième croisière sur le lac Nasser à bord du Sudan

a-Sudan-depart

 

 

Enfin, et celui-ci me semble accessible : être une vieille dame comme celle de Célestine CLIC 

etoile

et un clin d'oeil à Valentyne et Jean-Charles
les apprentis Queneau 2015 !

Mouvement pour un rêve

"Le rêve, ça n'est plus du tout sexe-était autrefois. Ca a beaucoup changé durant ces dernières années. Comme tant d'autres choses, faut bien le reconnaître. La cause ? Eh bien, primo, la vulgarisation de la psychanalyse (la psychologie qui fait pschtt) : on est prévenu. Et puis, secundo l'influence du cinéma. Avant la découverte de l'écran, on se demande sur quel plan les gens pouvaient bien situer leurs rêves... Sans écran... tout plat... tout lisse... Et quand les mouvizes* seront en relief... alors... que de conséquences..." Raymond Queneau -Monuments- 1948


* transcription phonétique du mot anglais "movies" qui signifie "films" (cf texte livret Des poèmes et des rêves, page 201)

 

 

Prochain Défi, le 20 février

mené par Mamylor

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15 janvier 2015

La poésie du jeudi avec Asphodèle

Jeu-Atelier les Plumes d'Asphodèle

son carnet ICI

 

L'actualité a bouleversé le calendrier
Quoi d'autre à dire (ou redire) que ce poème de Paul Eluard

LIBERTE

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

LIBERTE

 

banksi_charlie_hebdo

image du Net

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12 janvier 2015

Les boules

Il faut tourner la page. Je suis rentrée dans mes gonds ! Avec l'espérance que le monde changera après ce 11 janvier 2015.

 

Antiblues a trouvé des boules pétillantes MAIS solaires.

Pensez donc, ça m'a turlupiné ! Antiblues a toujours des idées lumineuses...

Les Lyonnaises aussi, nom d'un gratton de Lyon

lol

 

a-boules-traboule Antiblues (11)

 

Moi, vous me connaissez, je suis un peu "à l'ancienne", plutôt boules noires et colorées : même pas besoin de se balader avec un panneau solaire !

2015-01-011

 2015-01-01

 

façon de parler "j'ai les boules" (encore ? ... !)

boule-chat

 

Pas de petits lutins statisticiens chez Canalblog et pas de "révision" comme chez Asphodèle, Valentyne, Jean-Charles, Mind The Gap, tous quatre hébergés chez WordPress. Un calcul mental m'a amenée à comptabiliser 95 billets en 2014, 43 inscrits à ma newsletter (dont 3 courageux anonymes)...

UN POINT C'EST TOUT !

 

Je vous préviens, en 2015 plus de belles promesses. J'en ai trop fait en 2014 que je n'ai pas tenues...

Si, juste une : je vais m'efforcer d'être

imparfaite, libre & heureuse ! 

Antiblues, si tu constates que So'N ne tient pas sa promesse, tu pourras lui taper sur les doigts avec la règle en bois de Miss Aspho !

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09 janvier 2015

Tolérance Zéro

J'ai appris en début d'après-midi, le 7 janvier, le drame chez Charlie Hebdo. J'ai été secouée. Je n'ai jamais lu de ma vie ce magazine satirique, mais comme tout le monde, je connaissais les visages de certains de ces dessinateurs, et particulièrement Cabu.

De retour à la maison, j'ai suivi, sans voix, ce drame sur BFM TV.

L'HORREUR.

Et puis, le 8, j'entends une journaliste de cette même chaîne d'infos répéter en boucle : "... des jeunes gens totalement normaux, l'un des deux frères, petit déliquant de droit commun, petit livreur de pizzas, petit trafic de cannabis et puis tout d'un coup ils ont été endoctrinés..."

L'HORREUR.

Les suspect sont de vrais "guerriers" "dont le profil justifierait le passage à l'acte", sans foi ni loi, formatés et déterminés à TUER. Ils avaient tout prémédité. Résultat : 12 17 morts et de nombreux blessés. L'horreur absolue. Je crie intérieurement. Je suis révoltée. Je sors mon fusil. "JE SUIS CHARLIE" moi aussi, même si je suis bien loin de l'esprit Charlie Hebdo, même si je n'ai pris part aux manifestations spontanées organisées dans ma Ville.

Alors, qu'on ne vienne pas/plus me parler de "tolérance" ! Je TUE, mais à petit feu pour que ces barbares aient mal dans leurs têtes et dans corps. Et encore, ils ne souffriront jamais autant que ces pauvres familles endeuillées. Pour qu'elles retrouvent la paix, je PRIE. Ce 9 janvier à 17 heures, il en a été autrement : les 3 terroristes ont été exécutés.

En France, on a vraiment un problème. Comment de tels individus au passé judiciaire lourd, peuvent-ils vivre libres et impunis ?

La peine de mort a été abollie en 1981. Alors là, bravo ! Désormais les assassins ne risquent plus la mort, juste la prison et encore... La preuve, ces ennemis de notre France, bien connus de la Police, avaient déjà été emprisonnés puis libérés...

En France, on a vraiment un autre problème. On trouve toujours des circonstances atténuantes aux délinquants, aux tueurs, aux voleurs, aux violeurs.

Il est grand temps que tout change, en profondeur. Arrêtons enfin de nous voiler la face. Osons parler de la vérité. Que les responsables politiques prennent les mesures nécessaire pour réparer ce qui peut être réparable... Pour la LIBERTE.

 

Y'en a-t-il encore qui oseront dire le contraire ?

 

"...Contre ce crime sans nom, contre ce crime de salopards, contre ce crime d’ennemis de la liberté, contre cette terreur, contre ce malheur, contre cette heure du mal, le silence serait crime. Alors il faut dire, tenter de dire, tenter de redire, tenter des mots presque vains, tenter l’image, tenter la caricature, tenter le dessin, tenter le chant, tenter le poème. Dire pour ne pas faire silence. Ecrire pour ne pas absoudre. Dire encore pour ne pas approuver. Ecrire encore pour refuser l’immonde. Dire toujours pour faire revivre Charlie Hebdo. Ecrire toujours pour que Charlie Hebdo, son esprit, ses mots, ses images, ses caricatures, soient éternels.

Dire sans savoir même qu’écrire. Ecrire en voulant dire, en voulant crier, en voulant hurler, en voulant même assassiner le silence.

Oser prier pour Charlie Hebdo. Oser blasphémer pour Charlie Hebdo. Oser s’encanailler pour Charlie Hebdo. Oser tous les mots pour Charlie Hebdo..." Maître Stéphane Riand

 

Je suis Charlie

image du Net

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08 janvier 2015

Une promesse

"...que faire
que dire
comment faire
comment dire..."

7-janvier-2015-300x300
image blog Me Stéphane Riand

"Une seule nécessité en ce jour d'une infinie tristesse, la nécessité de la joie des mots pour célébrer sans silence Charlie Hebdo."

*****
****
***
**
*

 

 

Une fois n'est pas coutume, je vais évoquer un livre (qui parle de poésie) pour ce jeudi-poésie de Miss Aspho -son carnet ICI

 

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

 

 Une promesse
de Sorj CHALANDON

Une promesse - Sorj ChalandonT

 

Sorj Chalandon est né à Tunis en 1952. Journaliste et écrivain, après avoir travaillé 34 ans à Libération comme rédacteur en chef adjoint, il est aujourd'hui membre de la rédaction du Canard enchaîné. Ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie lui ont valu le prix Albert-Londres en 1988. Il est notamment l'auteur du Petit Bonzi (autobiographique) dont l'histoire se passe à Lyon, de Mon Traître, Retour à Killybegs, La légende de nos pères, le 4e mur (histoire personnelle) qui a reçu le Prix Goncourt des lycéens en 2013.

Une promesse a reçu le Prix Médicis en 2006.

 

Ce livre est le premier de nos (5) lectures communes au Club de lecture de l'Association 2AUTA. Il a été proposé et présenté par l'une des participantes.

 

*-*

 

L'histoire se déroule dans un petit village de Mayenne, entre une maison, rebaptisée "Ker Ael", et un bistrot, "le café du Bosco". La maison est celle d'Etienne et Fauvette, le café appartient à Lucien (dit le Bosco), petit frère d'Etienne.

Ainsi, naviguent entre ces deux lieux,6 amis qui ont fait une promesse au Bosco (page 86) : venir à tour de rôle faire vivre la maison. Au fil des chapitres, on découvre la personnalité de chacun, Léo Mottier, Henri Berthelin (dit l'andouille), Paradis, Ivan, Madeleine, Constant Blancheterre.

Pour ne rien oublier de chacun de leur passage, un carnet de bord est tenu au café, un cahier à Ker Ael, soigneusement rangés après chaque visite... ou non.

Dix mois passent ainsi. Mais la promesse leur pèse de plus en plus. Ils renoncent les uns après les autres et s'en dégagent avec l'accord du Bosco, en faisant un dernier hommage à Fauvette et Etienne.

La fin de l'histoire n'est pas forcément celle que l'on attendait.

 

J'ai lu 2 fois ce livre (217 pages). A la première lecture, j'avais aimé, sans plus. En y revenant -après avoir eu une discussion avec l'amie qui l'avait beaucoup aimé-, j'ai mesuré la force de ce roman : une histoire un peu fantastique avec un mélange de fiction et de réalité, une atmosphère étrange, de nombreux détails et symboles : amour, amitié, fraternité, mensonge, vérité, courage, croyances, devoir de mémoire, passage dans l'au-delà. Les expressions ("ce pluvieux de presque automne, sa peau d'obscurité, se tenir par les yeux, ne jamais se quitter du coeur, fait claquer sa langue, on dirait qu'il cherche un mot entre ses dents, boire son vin à petits regrets, dehors il faut septembre, c'est-à-dire presque rien", etc.) et le style particulier de Sorj Chalandon, l'alternance des chapitres, la poésie dans l'écriture, les références à René Char, Hippolyte Violeau, Alfred de Musset et d'autres poètes immortels, font que tout dans ce livre nous séduit. Il faut juste prendre son temps pour lire aussi entre les lignes.

Voici deux passages lus à haute voix, au Club de lecture :

"Elle a ouvert le livre au milieu, au hasard. Elle aime surprendre les phrases sans qu'elles s'y attendent. Les phrases qui paressent, qui pensent qu'elles ont le temps. Qu'il y a tant et tant de pages avant elles, qu'elles peuvent sommeiller à l'ombre des mots clos". (pages 95-96)

"Lorsqu'il ne restait plus que cinq minutes avant la sonnerie, (Fauvette était institutrice) elle faisait lever les écolier pour la rejoindre sur l'estrade, assis autour de son bureau. Elle disait que c'était l'heure du silence. Chaque soir, elle leur lisait un peu de poésie. Elle cherchait le simple au milieu des sonnets, le plus facile à lire et à comprendre, elle cherchait des mots pour les enfants. Et tant pis si ce n'était pas le début, pas la fin, tant pis si c'était quatre strophes au milieu du poème. Un peu de Victor Hugo, un peu de Mallarmé, un peu de Hérédia et les gamins prenaient la mer, le soleil levant, les nuages de pluie, ils frissonnaient de bateaux chavirés, de coeurs blessés, de mains ouvertes, ils écoutaient ces phrases soyeuses, tout ces mots rassemblés en musique, ils riaient lorsqu'ils parlaient d'amour, bruissaient quand ils disaient le danger, se figeaient aux échos de la mort. Et chaque soit,en rentrant ches elle, Fauvette cherchait quelques rimes pour le lendemain". (page 164)

Et puis la fin de l'histoire est un sujet d'actualité qui interpelle un grand nombre de "séniors".

*-*

page 72

"...Il (le Professeur Blancheterre) a cherché un livre dans la bibliothèque. Il a choisi "Nouveaux loisirs poétiques" d'Hippolyte VioleauIles. Il a lu à voix haute six lignes de la page 145 :

 

"... Au-delà du cercueil l'âme me restera,
Et pour vous consoler le ciel me donnera
La place de votre bon ange.
Conservez avec soin tout ce que j'ai chéri ;
Gardez mes vers, mes fleurs, mon oiseau favori,
Je serai là, que rien ne change !..."

 

page 217

"... Il (toujours Blancheterre) avait fermé le livre vert en laissant son doigt dedans. Il l'ouvre. Il ne lit pas. Il a lu et il sait. Il regarde le Bosco, puis s'attarde dans les yeux de chacun. Il referme le livre. Il le tient à deux mains, comme un coffret précieux. Il penche la tête. Il récite.

"Et marchant à la mort il meurt à chaque pas.
Il meurt dans ses amis, dans son fils, dans son père.
Il meurt dans ce qu'il pleure et dans ce qu'il espère
Et sans parler des corps qu'il faut ensevelir
Qu'est-ce donc oublier, si ce n'est pas mourir".

Alfred de Musset
Lettres à Lamartine
& poésies nouvelles

 

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07 janvier 2015

Scènes de rue chez Olgayou

Trève de plaisanterie, les affaires reprennent chez So'N ! Mais pas au galop ! De temps en temps, en alternance avec d'autres Aminautes qui nous font jouer, pour ne pas sombrer trop vite dans l'hyperactivité bloguesque !

Je constate que l'on est de plus en plus nombreux au rendez-vous d'Olgayou et ces drôles de scènes de rue sont très agréables à découvrir, chaque mercredi.

Moi qui adore les bêtes, je n'ai encore pas résisté à la photographier !

 

shopping rue Victor Hugo

chèvre rue Victor Hugo (1)

 

la campagne c'est bien mais j'aime bien faire les magasins

chèvre champ (1)

 

mon copain, lui, a préféré rester brouter dans le pré

chèvre champ (2)

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03 janvier 2015

Les plumes à thème d'Asphodèle

La dernière récolte 2014 de mots chez Miss Aspho nous a conduits doucement en 2015 ! Attention, en 2015, le rythme des Plumes change pour ne pas nous épuiser trop vite et nous laisser assez de temps pour vaquer sereinement à nos occupations et satisfaire nos envies de lectures, d'écritures et de jeux. Miss Aspho fera désormais des tableaux pour nous trouver les bons créneaux de publication !

 

Jeu les Plumes d'Asphodele

chez Asphodèle ICI

 

Allez, rideau sur l'an passé que certains ont mal terminé : Lilou s'est fait un gros coup de fatigue, Jacou et Emilie nous ont informés d'une fièvre de cheval, Aspho's Choupi, au fond de son lit, n'a pas pu remonter ses étagères, Célestine a loupé la collecte à force de regarder les étoiles dans le ciel plombé de neige... Et pire encore, la pauvre Marlaguette a dû grimper à son 8e par les escaliers à cause d'une panne d'ascenceur... Si seulement elle habitait une cabane dans un arbre, en pleine nature, il lui aurait suffi d'une petite échelle pour retrouver son logis.

Allez, bon An nouveau ! Avec ravissement on y croit : ce nouvel horizon est porteur de tous nos espoirs et bonnes résolutions. Soyons raisonnables cependant. Jean-Charles, ne va pas croquer la pomme au jardin d'Eden, Ethunelle ne mets pas tous tes oeufs dans le même panier, Valval et Edualc ne vous abrutissez pas de lectures communes ! Ne nous mettons pas la rate au court bouillon devant la montagne de contrariétés qui ne manqueront pas d'arriver et  renforçons notre capacité de résistance et de résilience...

Comment ça y manque le transcender de Kristel ? Nom d'un gratton, c'est pas le tout d'y dire y faut encore y faire... Voilà. C'est fait ! Tout y est !

 

19 mots proposés : horizon - ciel - nature - cabane - échelle - fatigue - grimper - rideau - créneau - ascenseur - Eden - montagne - étagère - transcender - panne - épuiser - cheval - fièvre - oeufs + les 3 mots imposés : ravissement -remontant -à l'infinitif- rythme.

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