Soène aux mots passant

24 juillet 2014

La poésie du jeudi chez Asphodèle

 

Le papillon, l'abeille et la rose
Fable IV - Livre IV
de Antoine-Vincent Arnault

Le papillon, l'abeille et la rose

 

A mes enfants.

Du Printemps la fille s'émerveille,
La rose ne vit qu'un moment,
Dont le papillon et l'abeille
Profitent bien différemment.
Gaspillant, comme un fou, les biens qu'on lui prodigue
Tandis que l'insecte léger,
Chenille un jour avant, funeste au potager,
En stériles baisers sur une fleur se fatigue,
L'abeille y puise l'or qu'attendent ses rayons,
L'or qui doit la nourrir dans sa maison bien close,
Longtemps après le jour fatal aux papillons,
Où l'on voit se faner la rose.

Au travail, mes enfants, accordez une part
Dans les jours de votre jeunesse :
Tout donner au plaisir n'est pas de la sagesse ;
Tel qui pense autrement, même avant la vieillesse,
S'en repentira, mais trop tard.


Antoine-Vincent Arnault (01/01/1776-16/09/1834), élu deux fois à l'Académie Française, était un homme politique, poète et auteur dramatique.

 

pour le cahier de poésies d'Asphodèle

ICI

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

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20 juillet 2014

Le défi du 20 avec Mamylor

La Bande du Défi du 20 va encore sévir ! Le thème choisi par Mamylor "histoires de ponts, au sens propre et au figuré" va inspirer les Défieuses, j'en suis certaine !

Pas d'Histoire-Géo comme dans les livres, ni comparaisons entre les ponts de Lyon et de Paris -et pourtant il y avait de la matière !- (Marseille n'est pas en compétition dans ce jeu de "Loi P-L-M", elle n'a pas de pont mais la mer et son Vieux Port, ce n'est pas si mal).

Pour ce mois des vacances, j'ai eu l'envie d'un défi en balade musicale au rythme des textes de cette grande Dame de la chanson française. Je naviguerai donc uniquement en chansons sur la Seine ! Une lecture préalable des paroles apporte une autre dimension à l'écoute. 

 

"Où va-t-elle cette eau cognant sur les piles des ponts au rythme des vents, des bateaux, cette eau miroir du désir noir de nos filles, de nos garçons, perdu dans ces eaux douteuses, boueuses, qui coulent vers quoi ? Vers où ?" (Juliette Gréco - Ca se traverse et c'est beau).

Juliette Gréco

 

En 1965, j'avais été fascinée par son interprétation dans Belphégor (ou le mystère du Louvre). Et puis, j'ai appris à la connaître et à l'apprécier. Tout en elle me plaît, sa beauté étrange, son naturel, sa voix, sa liberté d'être et de penser, et ses chansons aux textes écrits par les plus grands noms de la chanson.

13 titres sur l'album "Ca se traverse et c'est beau" sorti en janvier 2012 et de très belles surprises : "Le Miroir Noir" paroles écrites par Juliette Gréco elle-même, 3 duos avec Melody Gardot, Marc Lavoine et même Féfé (vous le connaissez ?), une chanson composée par l'inimitable Amélie Nothomb, et interprétée par le comédien "génial et humain à la fois" Guillaume Gallienne, "Le Pont Juliette", pont d'amour imaginaire en hommage à Juliette.

 

Paris-juillet 2013Le Pont Royal - La Passerelle Simone de Beauvoir - Le Pont des Arts

 

Un extrait de chacune des chansons pour ne pas trop alourdir ce Défi

chanson 1 (en duo avec Marc Lavoine)
"... Les chansons chantent la Seine
Dans mon coeur c'est la la la
Les poètes vont et viennent
C'est ma vie, C'est la la la..."

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chanson 2 (chanson texte)
"... C'était notre domaine, ce pont, notre nid, notre raison de vivre. Une salle de bal de 238 m de long et 20 mètres de large - sacrée surface, quand on y pense... Peter, il s'appelait Peter, Pierre en français,
L'homme du Pont..."

---

chanson 3 (en duo avec Melody Gardot)
"... Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit
Viennent dormir là tout près de la Seine
Dans leur sommeil ils oublieront leur peine
Si l'on aidait un peu, tous les vrais miséreux
Plus de suicides ni de crimes dans la nuit
Sous les ponts de Paris."

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chanson 4
"Le Pont Marie, petite Marie, c'est fait pour traverser
Pas pour sauter, petite Marie, le Pont Marie
Très beau, très vieux, Ile Saint-Louis, pierre taillée
Pas pour sauter, pour traverser, c'est bien compris ?
...
C'est ça la vie, Marie, ça s'traverse, et c'est beau..."

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chanson 5
"... Je reste seul et triste
Pourtant foulé par des millions
De Parisiens et de touristes
Je suis Le Petit Pont
...
Un jour on me remarquera
Je deviendrai une chanson
Dans la rue on me sifflera
Ce sera la consécration".

---

chanson 6 (en duo avec Féfé)
"... Paris se lève, Paris se rêve...
Comme une de ces histoires d'amour
Qui prendrait fin quand vient le jour
Paris se lève, Parie se rêve...
J'ai parlé sur toi mon amour
Paris je t'aime un point c'est tout."

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chanson 7
"... Juliette est une diva, Juliette n'attendra pas
Il manque un pont à Paris. Le Pont Oblique,
Qui relie la Cour Carrée à la rue des Saints-Pères.
Pourquoi Diable aurait-on inventé la Seine
Si ce n'est pour quelle coule sous les ponts ?
Il manque un pont à Paris, le Pont Juliette,
Qui relie la Cour Carrée à la rue des Saints-Pères..."

---

chanson 8 (en duo avec Marc Lavoine)
"... Il y a la langue Gainsbourienne
Paris ma chair, Paris mon sang
Les arbres de l'avenue du Maine
Le cimetière des "mots passants"
J'irai pleurer comme Madeleine
Paris mes souvenirs d'enfant
Noyer mon chagrin et ma peine
Dans la Fontaine des Innocents.
...
Sur le Pont des Arts je veux
Marcher encore un peu
Seule avec toi."

---

chanson 9
(chanson remplie d'Histoire ! une belle façon d'apprendre)
"Le Pont Royal, le roi des ponts de Paris, est traversé par des histoires
Plus étranges les unes que les autres. Je franchis la Seine grâce à lui, depuis
La rue du Bac jusqu'au Pavillon de Flore, et, aussitôt, des centaines de
Fantômes surgissent. Avant 1632, pour atteindre l'autre rive, j'aurais dû
Emprunter un bac (d'où le nom de la rue). Mais quels ont été,
Successivement, les noms de ce pont ?."

---

chanson 10
"Il est des femmes qui sont des ponts
Qui ont le don d'ouvrir les portes
Et celle qui a donné son nom
A La passerelle est de la sorte.

Il y a des femmes dont le destin
Est de faire des pas de géants
De créer de nouveaux chemins
De passer le fleuve autrement.
...
Le pied léger l'esprit rebelle
Je traverse la passerelle
Simone de Beauvoir c'est son nom
Ca me change un peu des garçons
Ca me change des vieux ponts de pierre
Ca me change des vieux pont chagrins
Comme une déclaration de guerre
Aux clichés des ponts parisiens."

---

chanson 11 -celle que j'aime le moins-
(en duo avec Gérard Duguet-Grasser)
"Hospitalisée
Depuis plusieurs jours
Eliane obtient un bon de sortie
Et toute l'après-midi à boire de la bière
Après nous avons pris le taxi
La petite auto nous reconduit à l'hôpital.
...
"...Les mots avec les mots et le ciel sur le Musée des Armées, les
ponts l'un après l'autre, plus beaux les uns que les autres, dans
la cornée, l'écho et les mots, le levier de vitesse, le silence qui
nous revient, le poème et la prière... Rive Gauche en vert
sombre, comme une scène précise déjà écrite, toi et moi dans
un taxi... les gens qui continuent...
Des chiffres me traversent l'esprit et des recettes de pâtisserie."

---

chanson 12 (le poème d'Apollinaire revisité)
"... Sur le Pont Mirabeau
Guillaume Apollinaire
Promeneur solitaire
Voit son reflet dans l'eau

Viennent le jour et l'heure
Et que coule le temps
Sur le pont des amants
C'est toi seul qui demeures."

---

chanson 13 (texte écrit par Juliette Gréco)
"Où va-t-elle cette eau ?
Ma Seine malsaine.
Ma scène
Théâtre de mes larmes, du sans de mes, de nos, de leurs
révolutions, des amours à grand peine sorties de l'enfance ?
Où va-t-elle cette eau cognant sur les piles des ponts au rythme
des vents et des bateaux, cette eau Miroir du désir Noir de nos
filles, de nos garçons, perdu dans ces eaux douteuses, boueuses,
qui coulent ver quoi ? Vers où ?
Bijoutées de petites gouttes opaques et stériles de foutre froid.
La misère s'endort comme elle le peut sous les ponts.
Elle écoute l'eau emporter le temps.
L'hiver finara bien par nous offrir le printemps et les filles dévétues
sur les quais, gourmandes de soleil
Peut-être que tout n'est pas perdu."

FIN

Seine
La Seine

 

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19 juillet 2014

Les Plumes à thème d'Asphodèle

Plumes d'Aspho-nouveau logo

la 32e chez Miss Aspho

 

Même le 14 juillet, Miss Aspho a fait sa collecte, pourtant bien occupée par ailleurs. 14 mots ont été déposés sur le thème du SILENCE : essentiel - réserve - regard - musique - félicité - observer - minute - nuit - agneaux - son - muet - apaiser - méditation - angoissant + justesse - jacaranda - jouer

Parc Champvert-parterre fleursfleurs en liberté Parc de Champvert - Lyon 5e

 

Jacaranda avait été une petite fille solitaire, un peu précieuse et trop sage. Dès la maternelle, elle s'était naturellement éloignée des autres enfants turbulents. Sa solitude lui servait de rempart contre cette vague angoissante qui semblait vouloir la submerger.

Devenue adulte elle aime toujours ce refuge artificiel où la notion de temps s'efface et où la vie se fige. Elle puise son énergie dans cet espace muet apaisant. Du haut de sa forteresse, elle observe d'un regard indifférent ce monde humain qui n'a pas une minute de répit. Mentalement, elle coupe le son. Sa réserve naturelle, essentielle à sa paix intérieure, ne la prive de rien. Au contraire, elle atteint la félicité. Elle joue à s'inventer une vision idéale, comme l'un de ses auteurs favoris, "l'homme du silence". Elle s'invente une vie authentique dans le désert ou sur une île déserte. Le jour, elle s'abandonne à la méditation, la nuit elle s'enivre du silence des agneaux anges, du chant des oiseaux, de la musique de ces autres créatures invisibles mais bien présentes.

Au crépuscule de sa vie, Jacaranda s'émeut encore de la justesse indélébile de tous ses rêves, seule réalité supportable.

 

"J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence." (Le Petit Prince chapitre XXIV)

dessin St-Ex-PP
dessin d'Antoine de Saint-Exupéry
"petit personnage sur un parterre fleuri"
Lisbonne - 11/12/1940

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14 juillet 2014

En Bleu Blanc Rouge

Fête nationale française depuis 1880, le 14 juillet commémore dans la mémoire collective la prise de la Bastille de 1789. Mais historiquement, c'est un événement moins connu qui est célébré : la fête de la Fédération de 1790. Peu importe, c'est l'esprit "Honneur & Patrie" qui me tient à coeur, tellement...

 

Vive la République et Vive la France !

 

Je ne me suis pas déplacée pour le défilé qui a eu lieu hier à Lyon. Mais je ne manquerai pour rien au monde le défilé sur les Champs Elysée (devant ma télé) et j'admirerai la Cavalerie de la Garde Républicaine et le ballet de la Patrouille de France, en particulier.

Attachée aux valeurs de ma France -et aux roses !-, quoi de plus naturel que d'avoir eu un coup de coeur pour cette carte postale ancienne (écrite le 23 mars 1920) et l'envie de la partager ?

 

Honneur et Patrie



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10 juillet 2014

La poésie du jeudi au Jardin du Clos de la Cornière

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

ICI

 

"Ah ! par Héra, le bel endroit pour y faire halte !... Et encore, s'il te plaît, le bon air qu'on a ici n'est-il pas enviable et prodigieusement plaisant ? Claire mélodie d'été, qui fait écho au choeur des cigales..." Phèdre - le jardin du philosophe - Platon

Je vous invite pour une balade au Clos de la Cornière clic accompagnée d'une poésie de circonstance et quelques évocations littéraires parce que ce jardin le vaut bien !

 

a-le Clos de la Cornière

a-le Clos de la Cornière (3)

 

"Les éblouissements"

Je méditais ; soudain le jardin se révèle
Et frappe d'un seul jet mon ardente prunelle.
Je le regarde avec un plaisir éclaté ;
Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
Tout m'émeut, tout me plaît, une extase me noie,
J'avance et je m'arrête ; il me semble que la joie
Etait sur cet arbuste et saute dans mon coeur !
Je suis pleine d'élan, d'amour, de bonne odeur,
Et l'azur à mon corps mêle si bien sa trame,
Qu'il semble brusquement, à mon regard surpris,
Que ce n'est pas ce pré, mais mon oeil qui fleurit
Et que, si je voulais, sous ma paupière close
Je pourrais voir encore le soleil et la rose.

Anna de Noailles clic

 

a-le Clos de la Cornière (16)

 

Ce jardin privé sent bon la campagne et la liberté. Françoise et Bernard, les propriétaires, accueillent le groupe de Roses Anciennes avec beaucoup de gentillesse : le café brûlant et le cake au citron moëlleux et encore tiède sont servis dans leur salon d'été, à l'ombre des arbres.

Le Clos de la Cornière (3)

 

Jimi, le chat de la maison, est là aussi et ne nous quitte plus. Il se prête aimablement à tous nos désirs et s'adonne à quelques facéties !

 Jimi1

Jimi2

 

Depuis 2006, les maîtres des lieux -devenus jardiniers par passion et par obligation- transforment sans cesse ce grand terrain en jardin extraordinaire. Leur jardin est tout le contraire du jardin abandonné de la rue Plumet dans Les Misérables : "Rien dans ce jardin ne contrarie l'effort sacré des choses vers la vie", mais il est aussi un refuge idéal bien qu'ayant été apprivoisé.

La visite dure longtemps, les hôtes sont disponibles et attentifs à nos questions. Les dames de Roses Anciennes, en vraies connaisseuses, prennent des notes, se renseignent, et parlent souvent un langage que je ne connais pas. Françoise connaît par coeur les noms de ses plantes et rosiers. Tout est répertorié, étiqueté, ordonné sans hasard a priori mais tout en grâce, et pousse "au naturel". L'illusion est forte pour des yeux étrangers qui laisse croire à une sorte de débordement de la faune et de la flore !

Le Clos de la Cornière-Priay

Les îlots se succèdent avec de nombreux coins et recoins cachés par des haies vertes ou fleuries, les petits chemins se croisent, la progression est lente tellement il y a de choses à découvrir. Comme des dizaines de jardins de curé rassemblés ! A chaque pas, une anecdote, un souvenir nous sont racontés ou plutôt contés.

Impossible alors de ne pas se remémorer le passage du roman de Proust "Du côté de chez Swann" que Oncle Dan aurait aimé citer : "Plus loin les fleurs étaient plus pâles, moins lisses, plus grenues, plus plissées et disposées par le hasard en enroulements si gracieux qu'on croyait voir flotter à la dérive, comme après l'effeuillement mélancolique d'une fête galante, des roses mousseuses en guirlandes dénouées..." 

 

a-le Clos de la Cornière (39)

Le Clos de la Cornière (27)

Sans oublier les nymphéas observés par de drôles de bestioles

a-le Clos de la Cornière (48)

Le Clos de la Cornière (35)

a-le Clos de la Cornière (46)


Le jardin extraordinaire de Trénet me trotte dans la tête, je fredonne tous bas, même si les canards ne parlent pas anglais, les statues se tiennent tranquilles et les oiseaux tiennent buffet... Ou bien alors, je m'imagine dans un jardin persan des Mille et une Nuits... Je n'écoute pas... Je vis en rêve.

bassin oiseaux

papillon

 

Dans le potager, le jeune Jimi s'amuse avec un oisillon qu'il prend pour un mulot et se fait sermonner par Bernard qui sauve l'oiseau apeuré (tellement surprise, je n'ai pas eu le réflexe de prendre une photo).

potager2

potager

 

Au fond du jardin, un nouveau décor, exactement comme celui de Platon : "Mais le raffinement le plus exquis, c'est ce gazon, avec la douceur naturelle de sa pente qui permet, en s'y étendant, d'avoir la tête parfaitement à l'aise" Phèdre.

Même image, un pré, des arbres et des fauteuils bleus invitent à prendre nos aises. "Rêver, c'est le bonheur" Victor Hugo.

Qui a dit "l'attendre, c'est la vie" ?...

Au jardin du Clos de la Cornière, c'est le paradis sur terre, le bonheur immédiat, la sérénité retrouvée.

Le Clos de la Cornière (13)

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05 juillet 2014

Les Plumes à thème d'Asphodèle

Plumes d'Aspho-nouveau logo

chez Asphodèle aqui* !

Déjà le 4e été que je joue avec Miss Aspho. Je ne me lasse pas de dire que c'est grâce à l'Amie Jeanne que j'ai découvert l'atelier d'écriture d'Asphodèle, et depuis nous avons tissé des liens solides qui résistent à tout. Je n'ai pas fait le bilan de mes participations à ces rendez-vous agités animés, allant parfois du rire aux larmes, mais dans l'ensemble j'y ai participé intensément !

C'est dans le règlement, "pas de mot mais un billet ou pas de billet mais un mot" ! Lundi matin j'avais choisi la formule "ni mot-ni billet" (Ah ! pas si facile cette séparation estivale bloguesque !). Mais mardi, en découvrant -avec stupeur- Miss Aspho vautrée à côté d'un énorme cheese cake à la crème-fraise, j'ai décidé d'agir avant l'irréparable, et j'ai ressorti illico mon cahier pour noter les 15 + 3 mots : retrouvailles - ripaille - revoir - embrasser - froid - larmes - famille - fête - allégresse - bilan - amour - quai - adieu - joie - ami - séparation + inquiétude - irréparable - intensément.


Quelques photos et quelques mots de ma dernière balade bistronomique.


"L'Esprit BLANC : qualité, authenticité, convivialité, accessibilité"

Je dirais plutôt "l'Empire", comme celui de BOCUSE ou d'autres "Grands". 

Vonnas

Après la visite des Jardins aquatiques à Saint-Didier de Chalaronne, un nom de village tout proche a éveillé mon attention et ouvert mon appétit : Vonnas ! Au coeur d'un des plus beau villages fleuris de France, au confluent de la Veyle et du Renon, le "Village Georges BLANC".

Vonnas-plan village GB

 

Il faut se positionner sur le parking pour embrasser du regard l'ensemble de ces façades colorées et se laisser submerger d'allégresse par cette harmonie presque artificielle, comme dans une fête au Pays d'Alice.

 

Vonnas-place GB

Faire ripaille dans ces hauts lieux de la gastronomie créerait forcément une petite... grande... inquiétude au banquier... Laissant le menu à 240 euros (vin non compris)

 

Vonnas-Georges Blanc

nous avons tout simplement savouré la joie de nous installer à la terrasse d'un "Petit".

Depuis 1872, la famille BLANC bâtit cet empire. Une partie du village lui appartient. L'Ancienne Auberge (reconstition de l'Auberge des BLANC créée en 1872) nous invite à rêver avec sa sympathique et très abordable formule "Midi Express".

La Vieille Auberge Vonnas

 

Balade Ain 2-07-2014

 

Comme il faisait presque froid dans la salle à l'intérieur, nous avons préféré nous installer à une table en terrasse face au jardin, un "amour" de jardin ! un grand potager, une petite vigne, des animaux géants en liberté, des roses au milieu de la pelouse et une jolie barque amarrée au bord du petit étang...

 

Vonnas-étang

Balade Ain 2-07-20141

 

A regret, nous avons dû quitté ce jardin. Adieu -ou plutôt au revoir- oie, dindon, cheval, lion, taureau et dauphins.

 

* aqui (anagramme du "quai" de Célestine !)

Vonnas-statut cheval

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01 juillet 2014

En mode doux d'été

C'est décidé, je fais une pause dans ma vie numérique en juillet-août ! Il paraît que c'est tendance de s'obliger à se déconnecter pour un temps donné. Ca s'appelle le "self-binding" -auto-contrainte- (notion élaborée par le philosophe norvégien Jon Elster - cf A Nous Lyon n° 203-). My God ! "Comme Ulysse qui se fait attacher au mât de son navire parce qu'il anticipe sa faiblesse de volonté face au chant des sirènes, nous mettons en place des règles pour limiter les tentations numériques."

Se protéger du soleil, du burn out et de l'ordi, quoi ! Comme je n'ai pas encore d'intelligence artificielle comme mon APN j'ai les neurones qui s'usent, et pas assez de temps pour recharger mes batteries.

Pas question de faire passer ma vie virtuelle(vv2) avant ma vraie vie (vv1) ! Je vais donc pratiquer la "digital detox" avant que ma dépendance numérique ne se transforme en péché : balades, randos, apéros, restos, pique-niques, escapades, lectures, "So'N en 62 jours". Et le tricot me retente. Si !

Mais attention, il ne faut jamais dire "jamais". Je passerai faire des bloguo-visites à mes e-amies/is et je ferai tout d'même quelques ateliers et quelques billets !

BEL ETE A TOUT L'MONDE

 

chaises bleues

 

 

 

 

 

 

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26 juin 2014

La poésie du jeudi chez Asphodèle

Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

chez Miss Aspho et son cahier de poésies clic


Pour ce Jeudi-Poésie, un autre Parc, celui de Bagatelle !

son château
Bagatelle-château

Il n'y a pas qu'à Lyon qu'il y a des Roseraies. Et si l'an dernier, faute de temps, nous avons manqué la Roseraie historique de Bagatelle, avec mon Amie-Bloguinette Anne, qui abrite plus de 10 000 rosiers, nous avions passé un moment plein de charme et découvert des paons bleus.

Bagatelle-paon

 

Alors, j'aurais pu choisir la poésie de Robert Desnos "Bagatelle" où il est aussi question de roses. Mais j'ai préféré parler d'un extrait du livre de Madeleine Chapsal "Les Roses de Bagatelle" que je n'ai pas encore lu... (je lisais cette dame... mais ça, c'était avant !)

C'est une autre histoire d'Amitié et de Swap ! Sharon m'a offert "Le goût de la Rose" un pot pourri de textes choisis et présentés par Indrid Astier autour de la Rose.

Merci à PtitLapin et à Sharon de m'avoir fait revivre ces doux souvenirs.

 

(Mathilde et Léonard se promènent dans ce joli jardin à la recherche de la rose bleue, de la rose noire...)

"... A Bagatelle, les roses paraissaient plus vivantes encore que les promeneurs, en tout cas étaient plus nombreuses et ne laissaient présager que bonheur et féérie... Avec quelle profusion enchanteresse elles se pressaient d'éclore ! Sur un espace qui leur était entièrement réservé, sans intrusion d'autres espèces, dans une majestueuse abondance, d'autant plus souveraine qu'elles n'avaient à affronter ni égales ni rivales !

... Certes, les roses ont leur saison, mais elle dure : elle débute au printemps et peut se prolonger jusqu'à Noël. Et si les tiges, le froid venu, sont rabattues pour être retaillées "à trois yeux" en mars, dès les premiers boutons c'est la joie ! La rose est la fleur -dite la plus belle- qui ne déçoit jamais, ne serait-ce que parce qu'elle se donne sans retenue, jusqu'à son dernier souffle, tout en conservant sa pudeur. La rose affirme encore sa suprématie lors de son agonie : elle ne pourrit pas, ne se distord pas, elle s'effeuille pétale après pétale pour ne révéler son pistil qu'au tout dernier instant. Là, elle s'abat comme un oiseau blessé...

... Le constat, qui me venait plus au coeur qu'à l'esprit, c'est que Léonard, qui ne m'apportait jamais de fleurs en bouquet, m'offrait en revanche, de mai à Noël, des milliers de roses quasi quotidiennes. De toutes tailles, toutes couleurs, toutes senteurs... Car si les roses exhalent un parfum particulier, il comporte nombre de variantes qui vont de l'excès jusqu'à l'absence... Oui : il est de roses sans odeur que leur beauté suffit à rendre sublimes. Toutefois, s'il est des roses sans parfum, il n'existe pas encore, pour l'heure, de rose noire ou bleue..."

 

Le goût de la rose

 

 

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23 juin 2014

Une photo, quelques mots avec Leiloona

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chez Leiloona

 

 Uranie, la 9e muse de l'Opéra

Leiloona-statue-23-06
photo de Romaric Cazaux

 

Nom de Zeus ! -pardonne-moi, cher Père- je déteste cet architecte lyonnais, le dénommé Antoine-Marie Chenavard, qui m'a séparée de mes soeurs les autres Muses à la seule raison que 9 Muses allaient gâcher la symétrie de la façade de l'Opéra de Lyon.

Restaurées dans les années 90 et reconnaissables à leur couronne, elles trônent fièrement en haut de l'édifice face à l'Hôtel de Ville, devant la verrière illuminée la nuit. En 2010, Plume en avait déjà parlé ICI. J'étais, pour elle, sur le même piédestal que mes soeurs. Mais je sais que Plume est sensible aux astres... J'avais également remarqué le parti pris du sculpteur qui s'était octroyé la liberté de changer mes étoiles en vulgaires fleurs de capucine sur ma couronne. Ca ne vous aura pas échappé.

Hélas, la loi des astres n'a pas sa place dans ce temple des arts. On m'a donc reléguée, moi Uranie, dans une salle obscure au sous-sol, depuis bientôt deux siècles.  Sans ménagement, on m'a déplacée, bousculée, renversée (regardez bien, on voit la partie de mon visage qui a été mal recollée, juste sous le nez jusqu'au menton). J'ai longtemps fermé les yeux et suis restée de marbre devant tant de discrimination. Mais cette fois, c'en est trop. Un stagiaire zélé, qui n'a pas dû étudier l'Antiquité grecque, a trouvé que ma main gauche bougeait et m'a collé une étiquette autour du cou ! "1095" ! La honte... Je ne suis plus qu'un numéro dans ce carphanaüm de vieilles reliques. Affublée de ce collier de chien en papier attaché avec une ficelle violette -quel mauvais goût- et cette étiquette illisible à mon poignet valide, je me drape dans mon orgueil et me récite en boucle les vers de Baudelaire : "Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre..." -je sais que ça va faire plaisir à Plume qui adore ce poème qu'elle déclamait quand elle était jeune- "... Je hais le mouvement qui déplace les lignes / Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris..."

 

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21 juin 2014

Les Plumes à thème d'Asphodèle

Plumes2

chez Asphodèle

avec : déranger - égal - étranger - éloignement - richesse - complémentaire - séparation - solitude - similitude - dispute - tolérance - souffrir - handicap - amour - regard - mosaïque - incompréhension - solidarité - tendresse - peau - combattre + hagard - herbage - horrifiant

 

Aujourd'hui, la France, au diapason, va résonner de toutes les musiques, des herbages de la Normandie aux chaises bleues de la Côte d'Azur, sans oublier l'Est & l'Ouest bien entendu !

Faites de la musique, c'est bon pour le moral ! Pour cette édition 2014, Lyon a inventé des balades insolites dans les 9 arrondissements à la rencontre des styles musicaux qui collent à la peau, sans aucun doute, de tous ces artistes professionnels ou amateurs.

Sera-t-il à nouveau au rendez-vous, étranger à cette foule compacte bien décidée à flâner sous les étoiles jusqu'au bout de cette nuit la plus courte ? A bien observer son matériel quelque peu horrifiant qui se dispute un petit bout de tapis vert, son combat semble perdu d'avance...

a-musique-place Bellecour
le handicap de ce batteur semble être la solitude... en souffre-t-il ?
place Bellecour

Pourtant, ce jour-là, le musicien un peu hagard semblait déranger les passants qui lui manifestaient leur indifférence ou leur incompréhension par un éloignement volontaire.

 

Mais pour ce 21 juin, toutes les conditions seront réunies, avec l'assurance complémentaire de beau temps, pour que se dessine une mosaïque colorée de toutes ces différences musicales et humaines où tolérance et solidarité s'accorderont, sans bémol, aux voix et aux instruments.

"La vie est comme le piano, il y a le noir et le blanc et il faut jouer les deux pour avoir une belle mélodie."

piano-manège (1)
piano du manège du Théâtre de la Toupine - place des Jacobins - Fête des Crus du Beaujolais en 2013

Ne vous y trompez pas, malgré la similitude troublante des gants, ces mains sont masculines, et le regard du musicien n'est pas bleu comme celui de Célestine qui, elle, joue de la guitare !

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"Le piano c’est l’accordéon du riche" a dit Michel Audiard. J'adore cette façon de définir le piano. Pourtant, entre les deux, j'ai une grande tendresse pour l'accordéon, avec une ambiance moins guindée, plus musette et guinguette ! Tiens, j'irai faire un tour du côté de la Guillotière, sur les berges du Rhône où l'on y dansera.

Et aussi j'irai écouter un concert de carillon ou d'orgue ou de Gospel, la Chorale Voix Si Voix La a capella, place du Petit Collège, admirer le Tango argentin dans toute sa richesse, place du Griffon, dévorer mon sandwich à la Roseraie du Parc de la Tête d'Or avec des élèves qui uniront avec amour violon et piano, me reposer à l'ombre des arbres dans le Cloître du Musée des Beaux Arts, bercée par des notes de musique classique, etc.

Même si un nombre inimaginable d'artistes se disputent les endroits stratégiques de la ville, je ne pourrai pas tout faire, tout voir et tout entendre. Mais ça m'est bien égal, là où je me trouverai, je savourerai ces moments uniques.

 

 Avignon-peinture musicien
peinture sur une porte métallique à Avignon

 

Posté par Soene à 07:00 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
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